
A vrai dire... RCF - page 7
présentée par Alain Charlier, Béatrice Ducellier, Thierry Grenet, P. Vincent de Labarthe, Anne-Cécile Suzanne, Marc Tesniere
Edito du jour : toute l'actualité est sujette à réflexion, nos éditorialistes partagent la leur
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24 mai 2024Une loi Fin de Vie qui tourne au cauchemar
Dans l’indifférence quasi-générale, nos députés ont discuté, la semaine dernière, du Projet de loi Fin de Vie en Commission spéciale. Avez-vous conscience que le projet, tel qu’il a été « amélioré » au fil des amendements, prévoit maintenant :
la suppression du critère de pronostic vital engagé et son remplacement par la notion de phase avancée ou terminale de la maladie, encore plus large et flou,
l’inscription de la demande d'euthanasie dans les directives anticipées pour pouvoir la mettre en œuvre même si la personne n’est plus consciente,
un délit d’entrave à l’aide à mourir qui serait défini comme un droit fondamental (alors que le délit d’incitation au suicide en revanche a été rejeté),
ou encore l’assouplissement du délai de réflexion de 48 heures.
Oui, vous avez bien entendu, il s’agit d’expédier le plus rapidement possible ad patres chaque personne ayant exprimé le désir d'en finir avant qu'elle n'ait le temps de se rétracter, sans même qu’il soit prévu de consulter sa famille !
Notez que, d’un autre côté, la proposition d’ouvrir l’aide à mourir aux mineurs qu’a osé faire Julie Laernoes, député écologiste de Loire-Atlantique, a également été repoussée. Ouf !
N’empêche que les garde-fous que mettait en avant le gouvernement sont en train de sauter les uns après les autres avant même le vote de la loi. Rappelons que, sur le même sujet, en 2005 et en 2016, les lois Leonetti avaient été votées à l'unanimité, ou presque, après un travail parlementaire exemplaire. Cette fois, le projet du gouvernement repose sur des habiletés sémantiques, pour ne pas dire des mensonges, car il refuse de nommer euthanasie et suicide assisté, car il entretient la confusion chez une majorité de Français, et que l’on retrouve parfois chez nos députés, qui ne font pas la différence entre un arrêt de traitement, une sédation profonde, un traitement antalgique puissant et une euthanasie.
Le soi-disant modèle français de la fin de vie pourrait être l’un des plus permissifs au monde, et les plus dangereux pour les personnes fragiles ou précaires que nous pouvons d’ailleurs tous devenir.
Il faut vraiment que les consciences se réveillent, à l’instar de Jean-Marc Sauvé, ancien vice-président du Conseil d’Etat, qui dénonce dans cette aide à mourir une ultime ruse du libéralisme pour faire des économies sur l'État-providence.
Cela nous concerne tous : le collectif Soulager mais pas tuer, que vous pouvez aisément retrouver sur internet, vous propose d’écrire à vos députés. Je vous en prie, faites-le si vous pensez comme moi que ce qui est fondamental dans une société comme la nôtre, c’est d’accompagner et soigner dignement les plus vulnérables jusqu’à la fin de leur vie.Droits image: ©Gerd Altmann de Pixabay
23 mai 2024Comment vivre en paix ici alors que la guerre se poursuit à Gaza ?
C’est la guerre à Gaza qui fait réagir le coordinateur du média normand Grand-Format, Simon Gouin, dans cette chronique.
https://grand-format.net/Droits image: ©Gerd Altmann de Pixabay
10 mai 2024Les mégots abîment la Création
Revoici les beaux jours et avec eux le joli mois de mai. Comme chaque année, c’est l’occasion d’un émerveillement renouvelé devant les beautés de la Création… et de prendre la pleine mesure de nos responsabilités en tant qu’être humain puisque, nous le croyons, l’Homme est un lieutenant de Dieu placé par lui au sommet de la Création, qui est bonne comme œuvre de Dieu, que nous devons cultiver et garder pour que l’acte créateur se continue par nous. Nous n’avons aucun droit en revanche de l’exploiter comme une simple ressource jusqu’à épuisement et encore moins de l’abîmer ou de la polluer.
Dieu sait si, pour prendre mieux soin de notre « maison commune », comme dit le pape François dans Laudato si’, il y aurait beaucoup de choses à changer dans le fonctionnement de nos sociétés humaines. On sait qu’il faudrait réviser les lois et les priorités du monde économique, dans une logique d’écologie intégrale. Mais, en attendant que cela se réalise, il y a des choses qui sont à notre portée, à tous et à chacun, là, tout de suite.
Ainsi, d’après une étude datant de 2023, plus d'un quart des Français (27 %) reconnaît jeter des déchets par la fenêtre de sa voiture. Et ce chiffre monte même à 42 % parmi les moins de 35 ans, qui sont donc les plus indisciplinés. La tendance est la même concernant le jet de mégot : près d'un quart des fumeurs (24 %) a cette mauvaise habitude et le chiffre grimpe à 39 % chez les jeunes de moins de 35 ans.
Outre le fait qu’il est déplorable que le sol de nos villes et villages soit tapissé de bouts filtres, rappelons quand même que chacun d’eux contient des substances chimiques extrêmement polluantes telles l’ammoniac, l’arsenice, le mercure et qu’un mégot jeté à terre finira emporté par les eaux. On estime entre 20 000 à 25 000 tonnes la quantité de mégots jetés chaque année en France, de sa voiture ou simplement en se promenant dans la rue, alors qu’un seul d’entre eux peut empoisonner jusqu’à 500 litres d’eau.
Raison de plus pour arrêter de fumer ! Mais si vous ne pouvez vous en empêcher, amis fumeurs, cessez tout de suite de jeter vos mégots par terre. Je suppose qu’on peut le faire parfois par simple ignorance de la nocivité profonde de ce geste, alors j’espère par cette chronique faire œuvre utile. Et nous pouvons tous contribuer à cette sensibilisation en faisant passer le message. Car, oui, si on ne jetait plus de mégots à terre, on rendrait le monde un peu meilleur !Droits image: ©Gerd Altmann de Pixabay
9 mai 2024Des interpellations de militants qui posent question
Il y a un mois, des personnes soupçonnées d’avoir réalisé une action contre l’entreprise Lafarge, en Seine-Maritime, ont été arrêtées par la police anti-terroriste. Des moyens disproportionnés et inquiétants, soulèvent le coordinateur du média normand Grand-Format.
Des portes défoncées au petit matin, des personnes plaquées au sol, à qui l’on tire les cheveux, des téléphones et des ordinateurs fouillés, un isolement pendant trois jours et des interrogatoires…
À lire les conditions de détention de ces personnes interpellées lundi 8 avril, par la police anti-terroriste, en Normandie, on se dit qu’elles sont de dangereux criminels, posant un sérieux problème de sécurité. Et pourtant, ces 17 personnes sont des citoyens soupçonnés d’avoir mené une action contre une usine Lafarge, au mois de décembre dernier.
Ce jour-là, une centaine de militants ont envahi une usine du cimentier, à côté de Rouen. Ils ont provoqué des dégâts, des sacs de ciments éventrés, des machines à l’arrêt… Mais rien par rapport aux impacts provoqués par la bétonisation du monde, qui contribue à la dégradation de notre maison commune et au réchauffement climatique.
Ces actions de militants pour le climat, l’État ne les voit pas d’un bon œil. C’est pourquoi c’est la police anti-terroriste qui est intervenue ce jour-là, chez ces citoyens. Cette police qui traque les vrais terroristes et empêche des attentats…
Il y a quelque chose d’incompréhensible à cette mobilisation de moyens extraordinaires, pendant plusieurs semaines pour traquer des écologistes qui se mobilisent pour que la planète demeure habitable dans les décennies qui viennent.
Christine, une militante d’Alençon, a été l’une des interpellées. Celle qui est engagée pour défendre le droit des femmes a dit au policier qui lui faisait face qu’elle aimerait qu’il y ait autant de moyens financiers pour défendre les femmes victimes de violences de leurs compagnons, dont une meure tous les trois jours en France.
Quels intérêts défend l’État en s’attaquant à ces citoyens ? Des intérêts privés, de quelques-uns ? Ou l’intérêt général ? À chacun de se faire son idée.
https://grand-format.net/Droits image: ©Gerd Altmann de Pixabay
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