Opéra stéphanois, en deux tomes, vient de paraître aux Actes Graphiques.
C’est le premier ouvrage consacré à une histoire singulière : la place de l’art lyrique à Saint-Étienne, ville ouvrière, de Napoléon à Jean-Louis Pichon.
Du 5 mars 1810 au 24 juin 2021, vous saurez tout, ou presque, sur les spectacles lyriques, musicaux et chorégraphiques données dans les divers théâtres qui parsèment l’histoire de l’opéra stéphanois : Comédie du Pré de la Foire, Théâtre des Ursules devenu Théâtre Massenet, Etoile-Théâtre, Eden-Théâtre et enfin Maison de la Culture devenue Esplanade puis Opéra-Théâtre et pour finir Opéra tout court.
Cette histoire est loin d’être un long fleuve tranquille : drames, conflits, incendies, polémiques et cabales parsèment l’histoire mouvementée de l’opéra stéphanois.
Les 270 images, souvent inédites, qui enrichissent considérablement le texte, sont issues des collections des archives municipales, de l’Opéra de Saint-Étienne, de la médiathèque municipale, d’Histoire et Patrimoine, du Musée d’Art et d’industrie et de la collection personnelle de l’auteur.
Gérard-Michel Thermeau, docteur en histoire et professeur agrégé, est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire de la région stéphanoise. Il a dirigé Une Histoire de Saint-Étienne quand il était président d’Histoire et Patrimoine de Saint-Étienne.


La chronique de Jacques Plaine
GÉRARD THERMEAU
Opéra stéphanois - deux siècles de vie musicale
(1810 – 2021) T. 1 & 2
Actes graphiques
Président d’honneur d’Histoire et Patrimoine, Gérard
Thermeau - docteur en histoire - est professeur agrégé
au lycée Jean Monnet de Saint-Étienne.
En 2 volumes, 380 pages et 270 images, voici l’histoire du
grand opéra, de l’opéra-comique, de l’opéra bouffe, de
l’opérette, de la comédie musicale mais aussi de la vie
musicale classique à Saint-Étienne depuis 1810.
Une histoire des lieux tout d’abord. Des salles de spectacle
souvent trop petites, inadaptées. « Provisoire en bois et en
briquetage » comme le Grand Théâtre Massenet inauguré
en 1853 et qui brûlera en 1928. L’Éden, le Rex, L’Étoile-
Théâtre, la salle Jeanne d’Arc puis enfin la Maison de la
Culture qui aura le feu aux murs elle aussi en 1998.
Une histoire des hommes ensuite. Des acteurs de la vie
musicale, chanteurs, chefs d’orchestre, musiciens, et bien
entendu directeurs, têtes de turc pour tout et n’importe quoi
et en particulier pour le choix du répertoire. Soixante-
quinze passeront à la trappe en un peu plus d’un siècle.
Viendra alors « le temps du temps long » avec Ducarme père et fils - près de quarante ans -
puis avec Jean-Louis Pichon, vingt-cinq ans. Sous le règne de « Pichon » l’Opéra changera
même de statut, d’échelle, de division et pour la première fois de son histoire prendra une
dimension internationale.
Une histoire enfin de ceux qui sont de l’autre côté du rideau et de la fosse. Le public
bourgeois ou populaire que suivant les circonstances, journalistes ou élus flattent ou
massacrent, caressent dans le sens du poil « la classe ouvrière ne repousse pas les
distractions intelligentes » ou à l’heure des demandes de subventions vouent aux gémonies
« Il y a sur le pavé un si grand nombre d’ouvriers inoccupés, que je trouverais raide qu’il
faille que cette masse de déshérités paie encore par contrecoup les distractions de ceux
desquels ils ont fait la richesse »
Une histoire que Gérard Thermeau nous raconte jusqu’à aujourd’hui. Jusqu’à ce que, Jean-
Louis Pichon parti cultiver son jardin, quelques orages provoquent de grosses vagues et que
le ciel – malgré les vibratos éperdus du pangolin de Wuhan - puisse enfin s’éclaircir.