
L'édito de la matinale RCF - page 20
Chaque jour, un regard sur l'actualité en Belgique avec nos éditorialistes.
Episodes
8 mai 2023Charles Delhez : Droit à l'avortement
Charles Delhez, jésuite, sociologue, journaliste et essayiste, donne son point de vue sur la proposition de loi qui entend étendre le droit à l'avortement.Droits image: ©rcf
4 mai 2023Eric de Beukelaer : Débat sur l'avortement et défence du pluralisme
Eric de Beukelaer, vicaire général de Liège, donne son point de vue sur la proposition de loi qui entend étendre le droit à l'avortement.Droits image: ©rcf
3 mai 2023Et peu importe le chemin
La société tente parfois de nous faire croire que l'essentiel, c'est le résultat. On nous dit aussi que le plus important, c'est le chemin. Et si le plus fondamental était encore ailleurs ?Droits image: ©rcf
1 mai 2023Charles Delhez: ChatGPT
ChatGPT, ni vrai ni faux
Charles Delhez est décédé en 2015, à l'âge de 78 ans. C'est vrai, c'est ChatGPT qui l'a dit ! Afin de vérifier l'étendue des connaissances de ce nouveau logiciel conversationnel, je lui ai en effet demandé : connaissez-vous Charles Delhez ? Il m'a répondu "non". "Mais si vous parlez du père Charles Delhez jésuite, a-t-il aussitôt ajouté, alors oui !" J'ai ainsi appris que j'étais déjà décédé, parmi d'autres renseignements vrais et faux. Heureusement, je connaissais mon sujet. Mais lorsque j'aborde un domaine que je ne maîtrise pas, comment distinguerai-je le vrai du faux ? Il faut s'y connaître pour découvrir qu'il s'est planté !
Même sur des sujets scientifiques, ChatGPT peut se tromper. Il reste un outil, une "grosse avancée technologique" qui peut rendre de bons services, mais à condition d'être utilisé par plus intelligent que lui ! Un outil obéit toujours à son maître, il ne sera jamais en compétition avec celui qui l'utilise et ne peut réaliser que ce pourquoi son concepteur l'a créé. Sans doute ne pouvons-nous pas remplacer cet outil, vu l'ampleur des données qu'il est capable de brasser, mais il ne peut pas non plus nous remplacer.
Soyons clair ! L'objectif de ChatGPT n'est pas la vérité, mais la probabilité. Il s'est en effet entraîné sur une quantité impressionnante de données et, à partir de là, il vous aligne les phrases qui lui semblent les plus judicieuses, la suite de mots la plus probable suivant la question reçue. Et sans comprendre ce qu'il dit. C'est un perroquet ! Son seul critère, ce sont les statistiques et l'on sait qu'elles peuvent mentir ! ChatGPT est seulement une amplification de nos sources d'information et une facilitation à y accéder. Un outil performant, sans doute, mais pas infaillible, car il n'a cure de la vérité. Un bon étudiant peut aussi se tromper, même quand il connaît bien sa matière ! Mais il le regrettera ! Notre logiciel pas !
Je lui ai posé aussi cette question que tout le monde se pose : l'intelligence artificielle pourra-t-elle un jour devenir consciente ? "C'est une question complexe et controversée dans le domaine de l'Intelligence Artificielle et de la philosophie de l'esprit, m'a-t-il répondu. Il n'y a pas de réponse claire à cette question pour le moment, car il n'existe pas de définition universellement acceptée de la conscience." Je ne pouvais qu'opiner. Et lui d'ajouter : "Même les systèmes les plus avancés actuellement ne sont que des simulateurs de comportements intelligents qui fonctionnent selon les instructions qui leur ont été données."
ChatGPT est un outil impersonnel, même s'il personnalise toutes les réponses qu'il me fait en fonction de mes recherches passées. Quelqu'un m'a envoyé une belle homélie sur les Béatitudes évangéliques, écrite par ce logiciel. J'aurais pu la lire telle quelle lors de la messe. Mais lorsque je prononce une homélie, je partage les convictions qui m'habitent à ce moment-là et je suis le seul à pouvoir décider de ce que je désire partager. Je n'ai d'ailleurs pas envie de répéter chaque année la même chose, car j'évolue, ni de plagier l'homélie d'un confrère.
Au fond, le grand absent dans tout cela, c'est moi, personne unique face à vous, mes auditeurs, ici et maintenant. ChatGPT restera toujours impersonnel, hors contexte. Or la beauté de la vie, c'est la rencontre concrète et imprévisible entre les personnes, ici et maintenant.
Charles Delhez sjDroits image: ©rcf
28 avril 2023Eric de Beukelaer : Yves prend sa pension après 41 ans
Une page se tourne au Séminaire de Liège avec le départ d'un collaborateur discret, précieux et au sourire contagieux. Yves est entré en fonction en 1982 en tant qu'aide jardinier. 41 ans au service du bien-être du site et, par ricochet, des membres qui y travaillent. Yves a connu toute l'évolution du petit monde du Séminaire durant sa carrière en conservant, toujours, un état d'esprit positif et la volonté de bien faire.
Un tel chemin professionnel, parcouru avec autant de bonhomie, se fait rare en ces temps des réseaux sociaux où la vitesse et le zapping sont rois. "Nous devrions tous en prendre de la graine" en ce jour de Printemps, souligne Eric de Beukelaer.
Prendre exemple sur Yves, cet homme passionné par les jardins et les oiseaux, qui souhaite une chose pour sa vie future : avoir plus de temps pour contempler. Nous ne lui souhaitons rien de moins que cela.
Droits image: Pexels
27 avril 2023Isabelle Detavernier: La Grelinette
Isabelle Detavernier, pasteure à l'église Bruxelles Botanique et membre de l'ACAT Belgique (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture), nous partage ses découvertes dans la pratique du jardinageDroits image: ©rcf
26 avril 2023Myriam Tonus : Et l'éthique dans tout ça?
Myriam Tonus, théologienne et laïque dominicaine, revient sur le scandale des suppléments de pension bien trop élevés dont ont bénéficié des députés, pour s'interroger sur notre rapport à l'éthique.Droits image: ©rcf
24 avril 2023Charles Delhez : Supprimer les prêtres ?
Charles Delhez, jésuite, sociologue, journaliste et essayiste, s'interroge sur la pertinence de la brochure qui circule en ce moment dans le diocèse de Liège : "Rendons l'Église au peuple de Dieu"Droits image: ©rcf
20 avril 2023Christophe d'Aloisio : l'opposant russe Vladimir Kara Mourza condamné
Museler les voix qui s'élèvent contre Vladimir Poutine. Telle est la volonté de la justice en Russie qui vient de condamner Vladimir Kara-Mourza à 25 ans de prison.
L'opposant russe, poursuivi pour plusieurs chefs d'accusation, a notamment été reconnu coupable de "haute trahison".
Une sentence d'une sévérité inédite, dans un contexte de répression tous azimuts en plein conflit en Ukraine.
Une décision qui indigne Christophe d'Aloisio, théologien orthodoxe et membre de l'ACAT Belgique (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture)Droits image: ©rcf
19 avril 2023Myriam Tonus : Méfiance
Myriam Tonus, théologienne et laïque dominicaine, revient sur les fameuses photos du Pape en doudoune blanche (un montage photoshop) et nous incite à redoubler de méfiance face aux fake news.Droits image: ©rcf
18 avril 2023Vincent Delcorps : le mot "dégoûtant"
Vincent Delcorps, directeur de la rédaction de CathoBel, s'oppose aux propos de Marc Uyttendaele dans le journal "Le Soir" récemment à propos de la place des femmes dans l'Eglise.Droits image: ©rcf
17 avril 2023Charles Delhez: Racontars ou basculement
Racontars ou basculement?
Un tombeau vide, des femmes et des hommes qui, comme des illuminés, parlent d’apparitions. Un événement "hors norme", me disait un paroissien. On pourrait même dire : énorme. Il dépasse notre entendement. Nous serions tentés de ne pas y apporter crédit. Mais si cela est vrai, il est heureux que cela excède nos facultés intellectuelles. En effet, si cela ne débordait pas le compréhensible, si c’était à la portée de notre intelligence raisonnante, si nous pouvions faire le tour de cet événement, il ne serait qu’un fait divers de plus, hors norme peut-être, mais à taille humaine… Si, par contre, il nous dépasse, alors il nous rejoint au plus profond de ce qui fait notre identité. N'y a-t-il pas en nous une soif d’infini, une aspiration à des horizons toujours plus vastes. "L’homme passe infiniment l'homme", disait Blaise Pascal. Et Éric-Emmanuel Schmitt: "La foi, c'est accepter d'être dépassé." Si la résurrection était compréhensible, elle serait décevante.
Le tombeau ouvert marque une rupture, un basculement. Il y a un avant et un après. Ce vide n'est cependant pas une preuve, puisque invérifiable aujourd’hui. Les expériences scientifiques peuvent être renouvelées. Le tombeau vide, ce fut une fois. On dit qu’on n’a pas retrouvé son cadavre, mais cela ne fait pas une preuve, ni de la vérité de la résurrection ni de sa négation. L’absence de preuve n’est pas une preuve de l’absence, dit-on, mais pas non plus une preuve de la présence.
Saint Matthieu a d'ailleurs l’honnêteté de le dire : deux versions sont possibles. Soit ce sont les disciples qui disent vrai, soit les soldats. Les premiers diront que les seconds ont été payés ; les seconds, que les premiers ont dérobé le corps. La liberté nous est donc, aujourd’hui encore, laissée. Habitués que nous sommes aux fake news, et aux théories du complot, nous aurons sans doute peine à accorder notre foi à ce qui nous semble de la mythologie, de l’imagination, du mythe. Mais déjà, à l’époque, les racontars de femmes ne faisaient pas le poids face à ceux de soldats.
Qu’est-ce qui donc me convainc ? Tout simplement, dans un premier temps, le fait que cette bonne nouvelle, d'abord discrète, soit parvenue jusqu’à moi malgré les aléas de l'histoire. Les quatre évangiles, les Actes des Apôtres, et les lettres de ceux-ci pointent vers un même événement. Pâques est ce souffle venu d’un tombeau vide, murmuré au fil des siècles, qui arrive à nos oreilles aujourd'hui encore. C'était improbable.
Certes, les différences entre les récits sont nombreuses. Mais voilà qui est convaincant. Les fake news sont bien mieux organisées ! Ces textes ont assez en commun et assez de différences pour me convaincre qu’il ne s’agit pas d’une leçon apprise par cœur, d’une conspiration, d’un complot, mais d’une expérience indicible qu'on tente d’exprimer sous forme de récits symboliques. N'en va-t-il pas de même de nos expériences les plus fortes? Les mots ne parviennent pas à les traduire et notre manière de les raconter peut évoluer et varier d'une personne à l'autre, mais on ne peut nier que, ce jour-là, dans notre vie, un changement majeur s'est produit. Il en fut de même pour les disciples.
Et si nous passions du "oui mais" au "et si"? Et si cela était vrai? Notre aventure humaine est écartelée entre le néant et la plénitude, l’absurde et le mystère. J'ai fait mon choix. Et cela change ma manière de vivre.
Charles Delhez sjDroits image: ©rcf
13 avril 2023Isabelle Detavernier : les caméras de la faiblesse
L'Iran installe des caméras dans les lieux publics pour détecter les femmes qui enlèvent leur hijab.
Une décision qui fait bondir Isabelle Detavernier, pasteure à l'église Bruxelles Botanique et membre de l'ACAT Belgique (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture).Droits image: ©rcf
12 avril 2023L'édito 1RCF - Le problème du scaphoïde
En réalité, le problème de la démocratie, c'est celui du scaphoïde. Quand elle fonctionne bien, elle ne fait guère de bruit – si peu qu'on en viendrait à oublier ses extraordinaires vertus. N'attendons pas qu'elle vienne à disparaître pour apprendre à la connaitre et à l'apprécier.Droits image: ©rcf
12 avril 2023Myriam Tonus : Fraternité
Myriam Tonus, théologienne et laïque dominicaine, revient sur les deux piliers de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (10 décembre 1948) : les mots "égalité" et "fraternité"
Même s'il reste encore beaucoup à faire, Myriam Tonus mesure le chemin parcouru.Droits image: ©rcf
11 avril 2023Eric de Beukelaer : Octave de Paques
Eric de Beukelaer, vicaire général de Liège, nous rappelle que la fête de Pâques ne s’arrête pas le week-end de Pâques. La résurrection du christ est célébrée pendant huit jours : c’est l’octave pascale.Droits image: ©rcf
10 avril 2023Charles Delhez: Corps Pâques
Le corps de Jésus et le nôtre
La modernité a opéré un déplacement de Dieu vers l'homme, observent les sociologues. Le corps est désormais valorisé au détriment de l'âme, alors qu'il fut jadis méprisé en son nom. Ce dualisme corps-âme est hérité de Platon. Celui-ci voyait le corps comme le tombeau de l'âme et pouvait jouer sur les mots grecs soma et sèma.
Pour la Bible, l'homme est profondément un, mais il peut être approché sous deux angles, celui de sa condition biologique et mortelle, et celui de sa dimension spirituelle et divine. Je suis mon corps bien plus que "j'ai mon corps". Il n'est donc pas un objet que je posséderais, un objet de plaisir, manipulable, transformable par les technosciences, voire dépassé par le Transhumanisme. Il est nous-mêmes, vu sous l'angle de notre fragilité. Mon corps est le lieu de mon devenir, il est ma personne visible, située quelque part, à un moment précis.
Dans ses lettres, saint Paul parle du corps psychique et du corps spirituel – que l'on traduit parfois par corps périssable et corps impérissable. Et dans son prologue, Jean va jusqu'à dire que le Verbe, la Parole de Dieu, s'est fait chair, il s'est incarné, ce que l'on proclame encore dans le Credo. Le corps humain en acquiert une incroyable noblesse. L'Écriture sainte accorde au corps "une valeur qu'aucune religion n'avait osé lui accorder", insiste Xavier Lacroix. Saint Paul ne dira-t-il pas que ce corps est le temple de l'Esprit ?
Le christianisme est donc la religion de l'Incarnation. Que Dieu se soit fait homme est en effet grandiose. Mais cette foi a dû s'exprimer dans la culture de son temps marquée par des conceptions négatives du corps. Ainsi le néoplatonisme, le stoïcisme, le manichéisme, la gnose… Le philosophe Celse, par exemple, se moquait des chrétiens, les qualifiant de "peuple qui aime le corps". À l'époque, c'était l'âme qu'il fallait aimer.
Ce corps, nous le retrouvons tout au long de la passion. Déjà le Jeudi saint, Jésus prend le pain en main, le partage, comme on prend sa vie en main, et le donne en disant : "Ceci est mon corps livré pour vous." Traduisons : Ceci, c'est ma personne, c'est moi-même que j'offre pour vous. Le Vendredi saint, nous voyons ce corps, qui a été crucifié, être déposé dans un tombeau. Quand, au troisième jour, le premier de la semaine, des femmes s'en vont pour embaumer le corps de Jésus, elles ne le trouvent pas. Où est-il ? La réponse sera donnée par les apparitions aux femmes et aux disciples. Les évangélistes soulignent cependant que le corps du Christ ressuscité, s'il est bien réel, n'est plus soumis aux mêmes conditions d'existence. Ce n'est plus un corps périssable, dirait saint Paul, mais un corps de gloire, un corps spirituel.
L'histoire ne s'arrête pas là. La résurrection se prolonge en nous. Notre corps sera aussi transformé en corps de gloire, spirituel, incorruptible, selon la vision de Paul. Quand on parle de la résurrection de la chair, il ne s'agit en effet pas d'un concept matériel ou biologique. Ce qui traverse la mort, c'est tout ce que nous avons vécu, comme personne, dans la chair. Ainsi, Jésus ressuscité montre ses plaies, traces de son amour, de sa vie offerte jusqu'au bout. Nous pourrons nous présenter à Dieu tels que nous sommes devenus au fil du temps, grâce à tous nos gestes d'amour. "Semé corps périssable, il ressuscite corps spirituel", écrit l'apôtre aux Corinthiens. Quelle espérance !Droits image: ©rcf
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