
Grand écran RCF - page 10
présentée par Henry VEDRINES
Quelle toile, quelle étoile fera sinscitller vos yeux dans la galaxie cinéma chaque semaine. Grand écran fait entendre la voix d'un film inatendu ou espéré, coup de coeur qui offre une vision du monde et du cinéma. 10 minutes pour situer, présenter et éveiller l'envie d'aller voir soi même. C'est l'optique Grand écran.
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10 janvier 2020Un non salutaire
Un homme peut-il suivre sa conscience, ce tresor qui vit en nous, et refuser les compromis ? Oui au prix du martyr. En Allemagne nazie, le parcours d'un homme simple qui se laissera tuer au nom de cette liberté de conscience et de la dignité et de sa foi. Malgré quelques longueurs et parfois lourdeurs, "Une vie cachée" de Terence MALLICK, est salutaire en ces temps.
20 décembre 2019Cette solitude glaciale qui tue
En plus d'être un thriller captivant et étrange " Seules les bêtes " de Dominik MOLL, est un constat terrible sur la solitude. Finalement, les diverses solitudes et frustrations des personnages, créent un pouvoir presque diabolique du mal et arriveront à dévorer les vies. Les humains sont plus seuls que les animaux. Attention espèce en voie de disparition?Droits image: Grand écran
13 décembre 2019La croix et le rêve d'être palestinien
Titre ironique et appel au rêve "it must be heaven" évoque le quotidien du cinéaste Elia Suleiman. On suit, sans un mot, ce Tati ou ce Godard, dans des saynètes poétiques, drôles, Kafkaïennes de Paris à Bethleem. Il rêve d’un état, d’un pays, et il veut construire ce pays. Prix de la Poésie, car une utopie se brise aux échos du réel, mais parfois un poète est le plus porteur d’espoir et de force.Droits image: Grand écran
6 décembre 2019Dans quel monde grandira-t-elle ?
Comme un requiem, "Gloria Mundi "de GUEDIGIAN, lance un chant funèbre. Quel monde les générations des seniors ont-elles laissé grandir ? Les nouvelles générations sont plus sensibles à l’argent, au plaisir… la solidarité a-t-elle disparu ? Constat ou cri d’alarme, sûrement les deux.Droits image: Grand écran
29 novembre 2019La marmite bout
Avec "Les Misérables" le jury de Cannes a récompensé un film choc mais salutaire. Solaire et bourré d’humour, tout en étant en état d’urgence, il nous questionne : qu'est ce qui peut désamorcer la violence et unir dans la diversité la France, à part les instants éphémères et trompeurs de la coupe de France? Le dialogue et le respect ? A chacun de se faire citoyen!Droits image: Grand écran
22 novembre 2019L’artifice est le secours de la vie
Mise en abyme pétillante et drôle, « la belle époque » de Nicolas BEDOS est un hommage au jeu, à la comédie, mais aussi une satire douce-amère de notre monde. Loin d’être un film nostalgique, une œuvre riche sur l’artificiel qui peut ouvrir les yeux et le cœur. Des interprètes et dialogues remarquables.Droits image: Grand écran
15 novembre 2019La valse du clown triste
Comment tous les refus, les blessures et les vitrines trompeuses de la société fabriquent elles les monstres quelle pretend chasser? C'est l'itineraire de JOKER de todd Philipp. Un comique raté, touchant (performance de Jaquim Phoenix) devient le porte parole devant un monde violent. S'il est porteur d'un masque de clown, c'est pour rappeler qu'à force de mépris, d'erreurs, d'oubli des faiblesses, les fous deviennent des miroirs de la folie du monde. Dérengeant et émouvant, un cri d'alarme ou un film seulement .Attention l'homme est fragile. Loin des marvel, un vrai film, lion d'or à Venise 2019Droits image: Grand écran
8 novembre 2019Famille en danger
A 83 ans, Ken Loach continue à montrer les dommages collatéraux de l’ubérisation et de la mondialisation. « Sorry we missed you » montre les cadences et le rythme infernal d'un livreur qui doit travailler pour ne pas mourir de faim. Derrière nos choix de vie, imposés ou subis, le recul se fait sentir. Un autre esclavage est né, bien plus pernicieux. La famille est attaquée, mais reste le seul rempart dans ce film terrible. Quelques instants volés de bonheur, mais à quel prix ?Droits image: Grand écran
25 octobre 2019Des idées et des mots !
« Alice et le Maire » voilà un joli conte porté par deux acteurs émouvants, Fabrice Luchini et Anaïs Demoutier. Le cinéma français redonnerait- il le goût de s’investir dans le social et politique? Dans ce conte ou une jeune sans idéal, ni passion est embauchée pour donner des idées à un vieil éléphant, c’est surtout la relation des deux qui va être attachante. Et une question à faire frémir : avoir la parole a t’il supplanté le fait d’avoir des projets ? Un bel état actuel, ni caricatural, ni grossier, RohmerienDroits image: Grand écran
18 octobre 2019Quête spatiale aux confins de soi !
Chez James Gray, la quête des origines, biologiques ou identitaire est un fil obsessionnel. Ici dans "Ad Astra" il s'essaie au voyage interstellaire, avec succès. En partant à la recherche de son père, disparu depuis des années, le héros va aux confins de l’univers, se trouver. Une vraie méditation, lente en huis clos. Proche de 2001 et surtout d "Apocalypse Now", le film nous met dans la même solitude que le héros, pour nous poser la question de notre place dans les vastes abîmes. La fin reste ouverte, il n’y a rien ou tout est à jouer ici sur notre bonne vieille terre, à condition d'accepter ses origines ? à vous de répondre !
11 octobre 2019Cangaceros et résistance
Mélange de film western et politique. Le dernier film de MEBDOZA FILHIO "Bacurau", prix du jury à Cannes, est un croisement hybride entre "Les chasses du comte Zaroof " et " Affreux, sales et méchants". Ici les pauvres, les délaissés d'un village rayé de la carte sont les bêtes traquées par le système, les riches envahisseurs. Mais le gibier va résister ! Un brulot contre l'envahisseur : la normalisation économique. Même si un carton indique "dans un futur très proche", espèrons que ce ne sera pas le cas ...Droits image: Grand écran
4 octobre 2019Il peut pleuvoir, on s'aime.
A 83 ans et avec son 49ème opus non distribué en son pays, Woody Allen signe une comédie digne des grands maîtres hollywoodiens de Cukor ou Wilder. « Un jour de pluie à New York » raconte le weekend révélateur et pluvieux d'un jeune couple naissant, pas si assorti que cela. Au passage, le monde du cœur, de l'ambition, des arts et du cinéma sont évoqués avec malice et surtout, le film surprend par une fin plus mélancolique qu’il n’y parait. Ce sont les autres qui nous révèlent. Il prépare son 50ème opus en Espagne, quelle énergie d'artisan !Droits image: Grand écran
27 septembre 2019Les voix de l'enfance
Bruno DUMONT nous donne une « Jeanne » forte et fidèle à ses voix. En choisissant le dépouillement, des acteurs non professionnels, les chansons de Christophe sur le texte de Péguy, il nous déroute mais la grâce survient! Le choix d’une interprète de 11 ans nous oblige à redécouvrir le mystère de Jeanne. Comme à son procès, elle semble nous demander ce que nous avons trahis de nos voix, de nos combats. Déroutant à l'image de la bergère de Domrémy. En état de Grâce, si on s’abandonne.
20 septembre 2019Regads en feu
Un des incontournables de l’année ! Céline SCIAMMMA, prix du scenario à Cannes, nous livre un film brûlant, coloré et sidérant comme une blessure d’amour dans ce « Portrait de la jeune fille en feu ». Il ne s’agit pas seulement d’une passion amoureuse que tout semble interdire, mais d’une réflexion subtile, sur la création, le regard, le souvenir. Qu’est-ce que regarder quelqu’un ? Aimer et avoir aimé ? Et finalement l’autre n’est-il pas celui ou celle qui nous révèle à nous-mêmes ? Une vraie rencontre ne nous laisse pas sur le rivage, comme si rien ne s’était passé ! Tout cela est montré, plus que dit ! L‘essence du cinéma non ?Droits image: Grand écran
13 septembre 2019Derniers plans
Tout en délicatesse et en subtilité, le cinéma d’Ira SACHS, comme celui d’Ozu, évoque la fragilité de la vie, de l’amour, du quotidien et de la valeur des êtres et des choses. Le new yorkais a installé sa caméra au Portugal, autour d’Isabelle HUPPERT et d’un casting américano – européen. « FRANKIE » n’est déjà plus complètement là car la star se sait condamnée par la maladie. Dans un cadre magnifique, cette présence qui se prépare à ne plus être là, magnifiée par le jeu d’HUPPERT, va comme un appel d’air, révéler, absorber toutes les blessures, les maladresses, mais aussi l’amour que lui porte ses proches ou simples collaborateurs. Comme quand le soleil décline, une étrange lumière nous prépare à la nuit, avec mélancolie mais aussi une propension aux vérités qui font mouche. Subtil et qui vous laisse un arrière-gout de paradis perdu. Les plus beaux, disait PROUST. Un grand auteur à découvrirDroits image: Grand écran
6 septembre 2019Seule la lumiere pourra nous sauver
Cela pourrait être crime et châtiment à Roubaix : meurtre sordide, misère, accouchement terrible de la vérité. Arnaud Desplechin, le réalisateur s’est inspiré dans « Roubaix, une lumière » d’un reportage sur sa ville natale, frappée par la crise et la misère, pour évoquer dommages collatéraux de celle-ci et quotidien d’un commissariat de quartier. Documentaire datant de 2005. Le commissaire, jouée avec humanité par Rachid Zem, nous permet de descendre aux enfers sans désespérer, mais en ayant une compassion envers ce petit monde souffrant.Droits image: Grand écran
5 juillet 2019Le regard d'Orphée
Dans "portrait de la jeune fille en feu" Céline Sciamma dessine le parcours d'une passion entre une peintre et son modèle à la manière d'un thriller, mais aussi nous interroge : le peintre, le spectateur ne peut être indifférent à ce qu’il voit… il l'aime, lui injecte la vie, le souvenir, l'émotion. Une BELLE leçon de vie, portée par des comédiennes extraordinaires dont Adèle Haenel toute en retenue fiévreuse.Droits image: Grand écran
28 juin 2019L'autre : ce continent inconnu à defricher !
Avec "L'autre continent" Romain Cogitore signe un film sensuel et intellectuel sur la foi en l'amour, la mémoire, le temps et la recherche de l'autre. Deux inconnus tres différents : elle, volage, et lui, très carré, tombent amoureux au bout du monde. La maladie va tout changer, elle devra aller a sa recherche même dans le coma. Un acte de foi mysterieux et touchant : un ovni !Droits image: Grand écran
21 juin 2019Créer c'est prendre en otage!
SIBYL, le 3ème film de Justine TRIET aurait pu obtenir à Cannes le prix du scénario, de la mise en scène ou de l’interprétation pour Virginie EFIRA. Voilà un film maitrisé, ou une psy se remet à écrire en se servant de l'histoire de sa patiente. Celle-ci, loin de toute déontologie, va l'entrainer dans un jeu de manipulations et de sauvetage feint ou réels. A nous de décider. Dans cette belle construction, ou créer c'est à la fois voler l'histoire personnelle, ou se laisser manipuler, qui sait? Un film d’auteur, très bien dirigé, ou plane l'ombre de Bergman, Hitchcock et Rossellini pour Stromboli. Thérapie et art, accouchement, délivrance et addiction. Jamais lourd, une grande réalisatrice à suivre.Droits image: Grand écran
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