Illusions sur l'avion neutre en carboneDans l’Union Européenne, depuis le début de l’année, les transporteurs aériens ont l'obligation d'intégrer 2 % de carburante origine durable dans leurs consommations. Les capacités de production sont très limitées mais pourraient être suffisantes jusqu'en 2029.
Mais les carburants à base de pétrole présentent des caractéristiques qui les rendent très difficilement substituables. Ils sont très denses énergétiquement par unité de volume et peuvent être obtenus facilement à partir d'une ressource disponible en abondance dans l'environnement : le pétrole.
Pour le remplacer, il n’existe que deux types de « carburants d’origine durable » :
- les carburants produits à partir de la biomasse non valorisable pour l’alimentation.
- les carburants de synthèse produit à partir de l’hydrogène et le gaz carbonique.
Les techniques pour produire des carburants synthétiques ont fait leurs preuves, mais ils ont un mauvais rendement énergétique. Il faut 4 fois plus d’énergie pour produire un carburant synthétique que pour produire un litre de kérosène.
Pour cette raison, seule les bio-carburants sont utilisés, mais leur production est très limitée. En Europe, les "bioraffineries" parviennent à produire un million de tonnes par an, alors que la consommation des avions est de l'ordre de 50 millions de tonnes par an. L’agriculture peut donc fournir les 2 % de carburants durable exigés par l’Europe aujourd’hui.
Mais, d'ici 5 ans, il va en falloir 3 fois plus, et d'ici 15 ans, il va en falloir 10 fois plus. Puisque l’agriculture ne pourra pas multiplier sa production par 10, il ne reste que la solution des carburants synthétiques.
Si, en Europe, nous souhaitons avoir 10 millions de tonnes de ces carburants durables par an, - soit 20% de la consommation -, il faudrait augmenter la production d’électricité de 15% à 20%. L’Europe devrait donc construire 40 EPR uniquement pour produire du carburant durable pour l’aviation.
Au vu de cette valeur, on peut douter que le plan aille à son terme dans le cadre annoncé.
D'une manière générale, le plan européen ne prévoit pas de sobriété. Quel que soit le secteur, qu'il s'agisse d'automobiles, d'avions, d'industrie ou de bâtiment, les plans ne supposent pas une baisse d'activité, au contraire, tous parlent de « croissance verte ».
Ces plans ne sont pas réalistes.
Si le prix des carburants des avions est multiplié par 4, le prix des billets va être multiplié par 3, et à ce prix, il n’y aura plus de croissance du trafic aérien.
Par contre, si nous refusons la sobriété maintenant en utilisant tout le pétrole de la planète, cette même sobriété s’imposera à nous quand même, environ 20 ou 30 années plus tard. Mais nous devrions alors nous adapter à une planète plus chaude de 3°C. Dans ces conditions, les dégâts pour notre civilisation fragile seront très élevés.
Choisissons donc la sobriété dès aujourd’hui. D’un côté, nous pouvons investir dans les économies d’énergie de nos logements, de l’autre côté, nous pouvons investir davantage dans des relations humaines et moins dans la consommation ostentatoire. Notre civilisation a besoin d’une quantité incroyable de publicités pour fonctionner et le but des publicités est de rendre insatisfait pour nous pousser à l’achat. Ce n’est pas sans conséquence. Le taux de dépression et de burn-out est beaucoup plus élevé dans les pays riches que dans les pays pauvres, surtout parmi des personnes qui ont peu de liens sociaux.
Un conseil de l’apôtre Paul est vraiment d’actualité. Il écrit à Timothée 6:6-7 : Certes, la piété est une grande source de gain, si l'on se contente de ce qu'on a. Car nous n'avons rien apporté dans le monde, comme nous n'en pouvons rien emporter.
Un peu plus de lien social et moins de consommation ostentatoire, y compris des voyages en avion, éviteraient de nombreux burn-outs et permettent de vivre la sobriété heureuse.
Vous trouvez plus d’informations sur le site internet « pratiquement-durable.com ».