Commentaire liturgique - 5ème Dimanche de Pâques AAprès les évocations du Ressuscité, et le testament du Christ « Je suis le Bon Pasteur », nous avons dans les Actes des Apôtres l’évocation de la naissance puis de la croissance de la première communauté chrétienne, dénommée « l’Eglise ».
« Eglise » vient du grec « Ekklesia » qui signifie « Assemblée ». L’Eglise est un corps vivant, non pas une institution. C’est une assemblée, c’est-à-dire une communauté avec les jeux de pouvoir, les besoins particuliers, mais aussi la communion toujours possible des cœurs grâce au dépassement des particularismes.
Deux critères pastoraux sont proposés pour dépasser les conflits : la prière et le service des pauvres. La foi n’est pas un corps de doctrine mais un espace de communion. Nous l’avons entendu dans le passage du livre des Actes : le «service des tables», qui signifie «service des pauvres», est facteur d’unité. Le choix prioritaire des pauvres peut être facteur d’unité dans la communauté. Sans cette dimension, la communauté se transforme en un club.
Tout s’articule non sur un « partage du pouvoir » mais sur la référence unique à Celui qui nous rassemble, le Christ. C’est en Lui que tout s’articule et trouve une harmonie.
Deux disciples vont nous être évoqués dans l’Evangile : Thomas et Philippe.
Thomas pose, en notre nom, la question «Nous ne savons pas où Tu vas» Où devons-nous aller ? Oser dire à Jésus : «Je ne Te comprends pas». Dans les situations douloureuses, c’est une prière sincère qui nous prépare à entendre la Parole de Jésus : «Je suis le chemin».
Et puis il y a Philippe. «Montre-nous le Père». Si tout avait bien commencé depuis le début, en cours de route Philippe n’a pas tout compris. Pour connaître Dieu, il nous faut contempler le visage de Jésus et regarder ses oeuvres.
Chemin lumineux au début, qui risque de devenir obscur en cours de route. Contempler le visage du Christ, c’est risquer de ne pas entièrement comprendre mais apprendre à L’aimer.
Nous avons accompagné les premiers témoins de la Résurrection : Marie-Madeleine en attente d'une présence sensible, Thomas à la recherche d'un signe qu'il est vivant, les disciples d'Emmaüs penchés sur les Ecritures, Philippe qui implore de voir le Père. Le Christ est désormais « Icône de Dieu ». Mais « Voir Dieu », ne serait-ce pas d’abord « être recréé par Lui » ?
Pour terminer, accueillons cette citation : « Notre Dieu s'est fait homme pour que l'homme soit Dieu » mis en chanson par la Communauté Emmanuel.
Invité : Dominique Olivier, laïque dominicaine, Déléguée épiscopale au Vicariat de l’accompagnement des acteurs pastoraux.