Commentaire liturgique - Saint Sacrement A« Celui qui mange ce pain vivra éternellement » : c’est une question de vie ou de mort. L’eucharistie veut faire mémoire du don que Jésus a fait au monde. L’eucharistie, c’est « Souviens-toi ».
Déjà dans l’Ancien Testament, il y a ce « souviens-toi » placé dans la bouche de Moïse pour rappeler à son peuple le don de la nourriture venue du ciel, la manne quotidienne indispensable à la survie des Hébreux lors de la traversée du désert. Les Juifs, Jésus, ses disciples, sont appelés à garder la mémoire vive de ces événements. Non pas des événements du passé, mais des événements qui nous font vivre aujourd’hui.
« La coupe que nous bénissons, le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ » écrit St Paul.
L’expression « corps du Christ » dans les premiers temps ne désignait pas seulement le corps eucharistique, le pain de vie, mais le corps mystique, la communauté des disciples.
« Devenons ce que nous recevons, le corps du Christ » disaient les pères de l’Eglise.
L’évangile va nous dire : « Celui qui mange de ce pain vivra éternellement ». C’est une question de vie ou de mort … Pour Jésus lui-même, au moment de réunir ses disciples pour un dernier repas, il décide d’affronter la mort et d’en faire le don pour la vie du monde.
Chaque fois que nous partageons le pain, nous « faisons mémoire » : tel est le sens de l’eucharistie, mémorial du don de Dieu pour le monde.
Osons résumer en citant Henri de Lubac : « L’Église fait l’Eucharistie, l’Eucharistie aussi fait l’Église ».
Dans la liturgie de l’Eglise, un chant intitulé « Panis Angelicus » est une évocation poétique en l’honneur du pain eucharistique. Il s’agit d’un motet composé avec des extraits des hymnes liturgiques de l’Office du Saint Sacrement écrits par saint Thomas d’Aquin pour le fête du Corps du Christ et qui sont repris dans l’Office des Heures.
Citons une strophe : « (…) Le voici le pain des anges, il est le pain de l’homme en route, le vrai pain des enfants de Dieu (…) On le reçoit tout entier sans le briser, ni le rompre ou ni le diviser, il est reçu tout entier (…) ».
Invitée : Béatrice Caliouw, assistante paroissiale, membre du Service Diocésain de la Liturgie et des Sacrements, responsable de la cellule Funérailles et accompagnement du deuil, membre de l'équipe des célébrations des funérailles au Crématorium de Robermont.