Long de 1500 kilomètres, le chemin vers Assise est un itinéraire peu emprunté par les pèlerins souhaitant rejoindre la ville de saint François. Méconnu, il participe à un fort retour aux sources et à la nature. Pourquoi ce chemin séduit-il les fidèles et que retiennent-ils de ce pèlerinage ? Une émission Je pense donc j’agis présentée par Melchior Gormand.
Chaque année, des centaines de milliers de pèlerins se rendent à Assise. Il s’agit d’un pèlerinage entre Vézelay, en France, et la ville d'Assise, en Italie. Même si de nombreuses routes existent pour marcher sur les pas de saint François, un chemin en particulier rencontre un petit succès. Organisé en 2005, c’est un trajet qui prône la sobriété, une façon de marcher à la manière du fondateur de l'ordre des Frères mineurs.
Au XIIIe siècle, saint François a envoyé deux frères évangéliser la France. Ces derniers sont partis d'Assise et se sont arrêtés à Vézelay où un ermitage leur est confié. C’est grâce à l’initiative d’une équipe de pionniers de la famille franciscaine, Dominique et Fanette Olislaeger que ce chemin a été rendu accessible. "Durant près de deux ans, ils ont pensé le chemin en sens inverse, en découvrant des itinéraires et en les corrigeant", raconte Luc Ménager, secrétaire de l'association Chemin d'Assise. "Il n’y a qu’un chemin, mais quelques variantes sont possibles", poursuit-il.
Cet itinéraire pédestre de 1500 kilomètres est balisé en 2005. Il faut compter entre 70 et 75 jours pour le parcourir. Frère Jean-Baptiste Auberger est franciscain et décrit cette expérience comme "fondamentale". La particularité de ce pèlerinage est de poursuivre sa foi comme la définissait François d’Assises, c'est-à-dire sans argent, "car François insistait sur le fait que nous n’avons rien en propre", rappelle le franciscain.
Il faut compter 70 à 75 jours pour parcourir ce chemin de 1500 kilomètres.
Cet itinéraire est aussi exclusivement pédestre, rudimentaire et éprouvant. Traversant la montagne, Luc Ménager assure que "le chemin n’a pas été pensé pour le vélo. Néanmoins, il y a des fidèles qui font le chemin à deux roues, ils le quittent et le rattrapent de temps à autres. On est à l’écoute de ceux qui nous racontent leur expérience, il y a une cinquantaine de bénévoles qui balisent et modifient ce chemin", précise-t-il. Il y a aussi la possibilité d’effectuer ce chemin en "pied-bus" : une marche de 10 à 20 kilomètres à pied, puis des étapes en bus, permettant de relier Vézelay à Assise plus rapidement, tout en faisant un effort "qui nous permet déjà de creuser en nous", révèle Jean-Baptiste Auberger, également organisateur des Pèlerinages Franciscains. Luc Ménager témoigne d’une autre façon de réaliser ce chemin, pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer ou les personnes handicapées : le pèlerinage en ligne, qui permet de vivre "une démarche spirituelle à travers le chemin, vivre par procuration ces sensations qui sont riches".
"C’est la rencontre de soi-même et des autres qui nous conduit à la rencontre avec Dieu", confie Jean-Baptiste Auberger. Luc Ménager partage son expérience : "au bout de quelques jours, il y a une forme de dénuement qui s’impose à nous, une pauvreté naturelle. Saint François parlait d’une joie authentique et parfaite, je la retrouve dans le fait de se réjouir pour les petites choses de la vie."
"Marcher, c’est se mettre à nu", livre Luc Ménager. Le chemin d’Assise mène à l’imprévu, que le frère Jean-Baptiste Auberger décrit comme "une chance, car comme le chemin nous dépouille nous sommes ouverts à celui qui nous reçoit". Car sur son chemin, le pèlerin, dépourvu d’argent et de logement va devoir trouver de quoi se nourrir et se loger. Luc Ménager met un point d’honneur à remercier l’équipe d’accueillants le long du chemin. L’accueil peut prendre trois formes. Tout d’abord, l’accueil pèlerin, où des particuliers accueillent de façon bénévole les fidèles chez eux, ensuite il y a les hébergements religieux comme les paroisses, et enfin, des logements commerciaux, "surtout en Italie" précise Luc Ménager.
On préfère quelque chose de l’ordre de la découverte, de la gratuité et de l’imprévu. C’est là où se nichent les plus belles rencontres.
Le secrétaire de l'association Chemin d'Assise indique que l’accompagnement des accueillants est essentiel pour l’association. Elle organise "trois à quatre repas par an pour échanger autour des conditions d’accueil et pour soutenir la reconnaissance des accueillants qui donnent beaucoup d’eux-mêmes dans cette mission", souligne Luc Ménager.
L’association Chemin d’Assise "n’a pas le désir d’en faire un chemin qui a du succès", soutient Luc Ménager. "On cherche la simplicité et la sobriété. On préfère quelque chose de l’ordre de la découverte, de la gratuité et de l’imprévu. C’est là où se nichent les plus belles rencontres", s’émeut Luc Ménager.
Cette émission interactive de deux heures présentée par Melchior Gormand est une invitation à la réflexion et à l’action. Une heure pour réfléchir et prendre du recul sur l’actualité avec des invités interviewés par Véronique Alzieu, Pauline de Torsiac, Stéphanie Gallet, Madeleine Vatel et Vincent Belotti. Une heure pour agir, avec les témoignages d’acteurs de terrain pour se mettre en mouvement et s’engager dans la construction du monde de demain.
Intervenez en direct au 04 72 38 20 23, dans le groupe Facebook Je pense donc j'agis ou écrivez à direct@rcf.fr
Suivez l’actualité nationale et régionale chaque jour
RCF est une radio associative et professionnelle.
Pour préserver la qualité de ses programmes et son indépendance, RCF compte sur la mobilisation de tous ses auditeurs. Vous aussi participez à son financement !