[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"$4btUnHcLHF":3},{"type":4,"alias":5,"id":6,"title":7,"meta_title":7,"og_title":7,"description":8,"meta_description":8,"og_description":8,"published":9,"published_time":10,"changed":11,"changed_time":12,"full_changed_time":13,"created":9,"visual":14,"radios":18,"category":30,"body":36},"article","\u002Farticles\u002Fculture\u002Flhistoire-des-barbares","31278","L'histoire des barbares","Les barbares sont à la mode, comme souvent lorsqu'une civilisation s'interroge sur son éventuel déclin. Mais les barbares ne sont pas toujours ceux que l'on croit!","19 décembre 2016","19:24","1 février 2024","16:21","2024-02-01T16:21:14+01:00",{"url":15,"alt":16,"url_carre":17,"alt_carre":17},"https:\u002F\u002Fmedia.rcf.fr\u002Fsites\u002Fdefault\u002Ffiles\u002Fstyles\u002F{style_name}\u002Fpublic\u002F2021-07\u002Fattila_barbares_v_3.jpg.webp","Wikimédia Commons \u002F Attila et ses hordes envahissant l'Italie d'après Eugène Delacroix (1798-1863)","",[19],{"id":20,"name":21,"code":22,"shortname":23,"liveURL":24,"alias":25,"region":26,"channelId":29},"9","RCF","RCFNational","National","\u002F\u002Frcf.streamakaci.com\u002Frcfdigital.mp3",null,{"id":27,"name":28},"33500","France","UCNce7rDfA-1fKpO-r1Rf-Dw",{"id":31,"type":32,"name":33,"alias":34,"description":35},"59393","category","Culture","\u002Fculture","\u003Cp>\r\n\u003Cstyle type=\"text\u002Fcss\">\u003C!--td {border: 1px solid #cccccc;}br {mso-data-placement:same-cell;}-->\r\n\u003C\u002Fstyle>\r\nMusique, cinéma, littérature, arts, histoire, : nos programmes consacrés à la culture répondent à un désir, celui de vous donner l'envie de comprendre et d'aimer le monde !\u003C\u002Fp>\r\n",[37],{"id":38,"target_paragraph_type":39,"target_wysiwyg":40},"45252","wysiwyg_paragraph","\u003Cp>\u003Cstrong>Les barbares sont partout. Dans les journaux &eacute;crits ou t&eacute;l&eacute;vis&eacute;s, le mot ne cesse d&rsquo;&ecirc;tre employ&eacute; pour d&eacute;signer les coupables des crimes les plus atroces.\u003C\u002Fstrong> Mais on voit aussi des barbares au cin&eacute;ma, dans les bandes-dessin&eacute;es ou les jeux vid&eacute;os. Ils incarnent souvent des valeurs positives - ceux de \"Game of Throne\", sont m&ecirc;me associ&eacute;s &agrave; une certaine id&eacute;e de la puret&eacute;. Les barbares sont-ils des monstres ou des justiciers? Et surtout, comment un m&ecirc;me terme est-il venu &agrave; d&eacute;signer des r&eacute;alit&eacute;s aussi &eacute;loign&eacute;es?\u003Ch2>\n\tBarbare, le premier &eacute;tranger?\u003C\u002Fh2>\u003Cp>\u003Cstrong>Tout commence en Gr&egrave;ce antique, o&ugrave; le barbare constitue d&rsquo;abord une r&eacute;alit&eacute; sonore: des paroles incompr&eacute;hensibles prononc&eacute;e par les &eacute;trangers, ce qui ressemble &agrave; \"bar-bar\". \u003C\u002Fstrong>Une science nouvelle, l&rsquo;ethnographie, vise &agrave; d&eacute;limiter les contours culturels de cette alt&eacute;rit&eacute;. Est alors barbare tout ce qui n&rsquo;est pas grec, sans qu&rsquo;il y ait toujours un jugement de valeur. &Agrave; partir du II&egrave; si&egrave;cle, c&rsquo;est en revanche Rome qui vient imposer sa conception de la barbarie. Celle-ci se fonde sur des conceptions g&eacute;opolitiques. Pour Tite Live ou Jules C&eacute;sar, le barbare est l&rsquo;homme qui habite de l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute; de la fronti&egrave;re&nbsp;; cet &ecirc;tre-l&agrave; est dangereux, le sac de Rome de 390 av. J.-C. constituant l&rsquo;un des &eacute;v&eacute;nements fondateurs de l&rsquo;identit&eacute; romaine. En revanche, une fois soumis ou vaincu, ce m&ecirc;me homme perd l&rsquo;essentiel de son alt&eacute;rit&eacute; et peut devenir citoyen. Pour Rome, la barbarie repr&eacute;sente donc, avant tout, le spectre de la menace militaire: l&rsquo;ennemi, qu&rsquo;il faut montrer pour d&eacute;montrer sa dangerosit&eacute;.\u003C\u002Fp>\u003Cp>\u003Cstrong>&Eacute;videmment, certains originaux jouent &agrave; chanter les louanges des barbares. \u003C\u002Fstrong>Vers l&rsquo;an 100 de notre &egrave;re, Tacite affirme que les peuples du nord, parce qu&rsquo;ils ignorent l&rsquo;usage de l&rsquo;argent et des produits de luxe, sont plus vertueux que les Romains. A l&rsquo;occasion, les penseurs chr&eacute;tiens vont reprendre ce th&egrave;me m&ecirc;me si, &agrave; bien y regarder, la plupart des intellectuels de l&rsquo;Antiquit&eacute; tardive continuent de penser le monde en s&eacute;parant strictement civilis&eacute;s et barbares.\u003Cbr>\n&nbsp;\u003C\u002Fp>\u003Ch2>le barbare, La figure de ce que l'on n'est pas\u003C\u002Fh2>\u003Cp>\u003Cstrong>Un tournant se dessine pourtant &agrave; la fin du VIe si&egrave;cle, notamment sous la plume du pape Gr&eacute;goire le Grand (590-604). \u003C\u002Fstrong>Celui-ci dialogue donc avec les Francs, les Wisigoths et les Anglo-Saxons, autant de peuples convertis &agrave; la foi chr&eacute;tienne ; la chr&eacute;tient&eacute; naissante remplace peu &agrave; peu l&rsquo;Empire comme cadre de r&eacute;f&eacute;rence. Par cons&eacute;quent, les seuls vrais barbares sont les pa&iuml;ens, du nord ou du sud, des &ecirc;tres lointains que l&rsquo;&eacute;vang&eacute;lisation doit un jour int&eacute;grer et lib&eacute;rer de la sauvagerie. &Agrave; l&rsquo;&eacute;poque m&eacute;di&eacute;vale, le barbare se r&eacute;sume donc d&eacute;sormais &agrave; l&rsquo;infid&egrave;le, et le th&egrave;me est particuli&egrave;rement pr&eacute;sent &agrave; l&rsquo;&eacute;poque des raids vikings, des offensives arabes et des grandes exp&eacute;ditions hongroises.\u003C\u002Fp>\u003Cp>\u003Cstrong>&Agrave; partir du VII&egrave; si&egrave;cle, les nouveaux royaumes europ&eacute;ens s&rsquo;inventent pourtant des origines \"barbares\", en insistant sur un pass&eacute; national brillant avant la rencontre avec la Rome chr&eacute;tienne. \u003C\u002Fstrong>En Allemagne, cette recherche d&rsquo;un pass&eacute; germanique s&rsquo;enflamme &agrave; partir de la Renaissance. En France aussi, les d&eacute;bats sur le statut de la noblesse cristallise autour du mythe des Grands Invasions. Aux Etats-Unis, les auteurs du premier XX&egrave; si&egrave;cle se montrent aussi fascin&eacute;s par la figure du barbare, o&ugrave; se croisent l&rsquo;image du migrant et celle de l&rsquo;homme de la fronti&egrave;re. Appara&icirc;t ainsi dans l&rsquo;entre-deux guerres un barbare de fiction dont la figure la plus c&eacute;l&egrave;bre est le Conan de Robert E. Howard (1906-1936).\u003C\u002Fp>\u003Cp>\u003Cstrong>Figure de ce que l&rsquo;on n&rsquo;est pas mais que l&rsquo;on voudrait peut-&ecirc;tre devenir ou redevenir, le barbare demeure ainsi une figure en constant changement.\u003C\u002Fstrong> Destructeur ou r&eacute;g&eacute;n&eacute;rateur, fl&eacute;au ou sauveur, le personnage est l&rsquo;objet de tous les fantasmes, alors m&ecirc;me qu&rsquo;il est impossible &agrave; d&eacute;finir. \"Chacun appelle barbarie ce qui n&rsquo;est pas de son usage\", &eacute;crivait d&eacute;j&agrave; Montaigne.\u003C\u002Fp>\u003Cp>&nbsp;\u003C\u002Fp>\u003C\u002Fp>\n"]