[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"$4btUnHcLHF":3},{"type":4,"alias":5,"id":6,"title":7,"meta_title":7,"og_title":7,"description":8,"meta_description":8,"og_description":8,"changed":9,"changed_time":10,"full_changed_time":11,"created":12,"visual":13,"radios":17,"category":29,"body":35},"article","\u002Farticles\u002Fculture\u002Fa-paris-quand-la-fraternite-aide-a-sortir-de-la-rue","27038","A Paris, quand la fraternité aide à sortir de la rue","A Paris, des paroisses s'engagent pour accompagner des sans-abri, à travers l'opération Hiver solidaire et via des bagageries. Témoignages croisés de personnes accueillies et de bénévoles. ","17 juillet 2023","18:25","2023-07-17T18:25:46+02:00","26 février 2019",{"url":14,"alt":15,"url_carre":16,"alt_carre":16},"https:\u002F\u002Fmedia.rcf.fr\u002Fsites\u002Fdefault\u002Ffiles\u002Fstyles\u002F{style_name}\u002Fpublic\u002F2021-07\u002F20190117_185719_001.jpg.webp","Pascal Gauthier, RCF","",[18],{"id":19,"name":20,"code":21,"shortname":22,"liveURL":23,"alias":24,"region":25,"channelId":28},"9","RCF","RCFNational","National","\u002F\u002Frcf.streamakaci.com\u002Frcfdigital.mp3",null,{"id":26,"name":27},"33500","France","UCNce7rDfA-1fKpO-r1Rf-Dw",{"id":30,"type":31,"name":32,"alias":33,"description":34},"59393","category","Culture","\u002Fculture","\u003Cp>\r\n\u003Cstyle type=\"text\u002Fcss\">\u003C!--td {border: 1px solid #cccccc;}br {mso-data-placement:same-cell;}-->\r\n\u003C\u002Fstyle>\r\nMusique, cinéma, littérature, arts, histoire, : nos programmes consacrés à la culture répondent à un désir, celui de vous donner l'envie de comprendre et d'aimer le monde !\u003C\u002Fp>\r\n",[36],{"id":37,"target_paragraph_type":38,"target_wysiwyg":39},"41012","wysiwyg_paragraph","\u003Cp>En France, pr&egrave;s de \u003Cstrong>4 millions de personnes sont mal-log&eacute;es\u003C\u002Fstrong> et parmi elles 900&nbsp;000 n&rsquo;ont pas de logement personnel. Sur ces 900&nbsp;000, les deux-tiers sont h&eacute;berg&eacute;s par quelqu&rsquo;un, 200&nbsp;000 vivent dans des habitations de fortunes ou &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel et \u003Cstrong>143&nbsp;000 n&rsquo;ont pas de logement du tout et vivent &agrave; la rue\u003C\u002Fstrong>. Ce sont les chiffres du rapport 2018 de la Fondation Abb&eacute; Pierre.\u003Cp>\u003Cstrong>Derri&egrave;re les chiffres il y a des gens\u003C\u002Fstrong> qui vivent concr&egrave;tement ces r&eacute;alit&eacute;s du mal logement ou du non-logement. Justin, Vincent, Mohamed, Franck, Paul ou Eric sont de ceux-l&agrave;. Ils ont v&eacute;cu ou vivent encore &agrave; la rue. Ils t&eacute;moignent de l'inhumanit&eacute; de cette vie, mais ils racontent aussi leur rencontre avec Jean, Isabelle, Pierre, Constance, Bruno, Fran&ccedil;ois et les autres b&eacute;n&eacute;voles de l'op&eacute;ration Hiver solidaire et des bagageries Antigel et Saint-Fran&ccedil;ois-Xavier.&nbsp;\u003Cbr>\n&nbsp;\u003C\u002Fp>\u003Cdiv class=\"rtecenter\">\u003Cimg alt=\"\" src=\"\u002Fsites\u002Fdefault\u002Ffiles\u002Fradios\u002Frcfnational\u002F20190117_201353.jpg\" style=\"width: 800px; height: 450px;\">\u003C\u002Fdiv>\u003Cp>&nbsp;\u003C\u002Fp>\u003Ch4>&nbsp;\u003C\u002Fh4>\u003Ch4>Poser ses sacs en toute confiance pour pouvoir avancer\u003C\u002Fh4>\u003Cp>Le principe des bagageries est de permettre &agrave; des personnes qui vivent &agrave; la rue de mettre leurs affaires &agrave; l'abri, dans des casiers. La premi&egrave;re bagagerie de ce type, \"Mains libres\", est n&eacute;e &agrave; Paris en 2007 dans le quartier des Halles. Antigel a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute;e en 2010 et la bagagerie Saint-Fran&ccedil;ois Xavier vient de na&icirc;tre en mai 2018. Elles sont pour les usagers comme une vraie bouff&eacute;e d'oxyg&egrave;ne ainsi que l'explique Mohamed :&nbsp;\"\u003Cstrong>Quand on est &agrave; la rue, notre sac c'est notre vie\u003C\u002Fstrong>. En le laissant &agrave; la bagagerie, on confie notre vie, c'est tout ce qui nous reste et c'est tout ce qu'on a. En sachant que mes affaires, mes papiers sont &agrave; l'abri, je peux dormir sur mes deux oreilles et je suis plus &agrave; l'aise, je sais que je les retrouverai le lendemain matin. Je suis plus serein. Avec un sac, pour aller se pr&eacute;senter pour un travail, ce n'est pas &eacute;vident. J'ai vraiment &eacute;t&eacute; soulag&eacute;\".\u003C\u002Fp>\u003Cp>Usager d'antigel depuis octobre 2017, Justin explique quant &agrave; lui: \"le fait d'avoir cet espace o&ugrave; je peux entreposer mes affaires en toute s&eacute;curit&eacute; m'a permis d'entreprendre des d&eacute;marches pour m'ins&eacute;rer socialement. C'est aussi un lieu o&ugrave; on cr&eacute;e des liens et &ccedil;a nous permet aussi d'oublier un peu notre qotidien difficile et de croire en l'avenir. Avant je me faisais voler mes affaires r&eacute;guli&egrave;rement.\"&nbsp;\u003C\u002Fp>\u003Cp>Pierre, pr&eacute;sident de la bagagerie Antigel explique: \"c'est d'abord venu du souhait des personnes qui &eacute;taient &agrave; la rue ou en situation pr&eacute;caire d'avoir un endroit o&ugrave; laisser leurs bagages en s&eacute;curit&eacute;. Et tr&egrave;s vite, le besoin qui s'est exprim&eacute;, c'est aussi d'avoir un endroit o&ugrave; se poser, s'asseoir, prendre un caf&eacute;, renouer le dialogue avec d'autres personnes\". Les bagageries ouvertes matin et soir pendant 2 heures, &agrave; Antigel 365 jours par an et &agrave; Saint Fran&ccedil;ois Xavier 3 jours par semaine pour l'instant. Chacun peut venir prendre les affaires dont il a besoin, se changer, faire sa toilette, et aussi \"s'asseoir avec les autres usagers et les b&eacute;n&eacute;voles, prendre un caf&eacute; et renouer le contact avec d'autres, ne plus &ecirc;tre dans la solitude\".\u003C\u002Fp>\u003Cp>Justin, Mohamed et tous les usagers saluent l'engagement des b&eacute;n&eacute;voles qui font vivre ces bagageries. Certains se l&egrave;vent &agrave; 5h30 pour arriver pour tenir la permanence &agrave; 6h45. Mais \"on re&ccedil;oit comme b&eacute;n&eacute;vole plus qu'on ne donne\" affirmer l'un d'entre eux.&nbsp;\u003Cbr>\n&nbsp;\u003C\u002Fp>\u003Cdiv class=\"rtecenter\">\u003Cimg alt=\"\" src=\"\u002Fsites\u002Fdefault\u002Ffiles\u002Fradios\u002Frcfnational\u002Fphoto_justin_pierre._vadf_sfx.jpg\" style=\"width: 800px; height: 562px;\">\u003C\u002Fdiv>\u003Ch4>&nbsp;\u003C\u002Fh4>\u003Ch4>Hiver solidaire: bien plus qu'un abri contre le froid de l'hiver\u003C\u002Fh4>\u003Cp>Si la paroisse Saint Fran&ccedil;ois Xavier a souhait&eacute; installer une bagagerie dans un local paroissial sous l'&eacute;glise, c'est parce que cela a paru n&eacute;cessaire en compl&eacute;ment de l'op&eacute;ration Hiver solidaire &agrave; laquelle participe la paroisse depuis 10 ans.&nbsp;\u003Cstrong>Offrir un lit dans un lieu chauff&eacute;, un d&icirc;ner et un petit d&eacute;jeuner pendant les trois mois d'hiver, et surtout permettre la rencontre entre ceux qui ont un toit et ceux qui n&rsquo;en ont pas\u003C\u002Fstrong>: ce sont les objectifs d'Hiver solidaire, op&eacute;ration lanc&eacute;e par le dioc&egrave;se de Paris &agrave; l'hiver 2009-2010 et &agrave; laquelle participent en cette ann&eacute;e 2018-2019 36 paroisses parisiennes.&nbsp;\u003C\u002Fp>\u003Cp>\u003Cstrong>\"Au d&eacute;but, il s'agissait d'abriter les gens par grand froid, puis on est pass&eacute; de l'abri &agrave; l'accueil et ensuite &agrave; l'accompagnement\"\u003C\u002Fstrong> explique Jean Chevalier, responsable de l'op&eacute;ration &agrave; la paroisse St Fran&ccedil;ois Xavier. Et cet accompagnement porte des fruits: \"l'an dernier, 90% des gens d'Hiver solidaire ont &eacute;t&eacute; h&eacute;berg&eacute;s par les services sociaux &agrave; l'issue de l'hiver\".&nbsp; Chaque soir, vers 18 heures, les personnes accueillies arrivent et installent leurs lits dans des salles paroissiales utilis&eacute;es la journ&eacute;e pour des r&eacute;unions. Ils prennent ensemble un repas pr&eacute;par&eacute; par une b&eacute;n&eacute;vole qui d&icirc;ne avec eux. Un autre b&eacute;n&eacute;vole \"l'homme de nuit\", partage aussi le repas. Des conversations s'engagent, des liens se cr&eacute;ent, l'isolement est rompu.&nbsp;\u003C\u002Fp>\u003Cp>Paul fait partie des 6 personnes accueillies cette ann&eacute;e par la paroisse St Fran&ccedil;ois Xavier dans le cadre d'Hiver solidaire et t&eacute;moigne ainsi de cette exp&eacute;rience: \"J'ai &eacute;t&eacute; tr&egrave;s surpris les premiers temps de constater \u003Cstrong>la chaleur de l'accueil, cette atmosph&egrave;re familiale qui nous entoure, cette empathie qui nous est t&eacute;moign&eacute;e\u003C\u002Fstrong>. Je ne pensais pas que des lieux d'accueil comme &ccedil;a pouvaient exister. J'ai pass&eacute; l'hiver dernier dehors et l&agrave;, comparativement, c'est paradisiaque. C'est un marchepied pour aller plus loin, pour rebondir. Ca permet de se r&eacute;approprier soi-m&ecirc;me : c'est prendre conscience de soi, parce que quand on est &agrave; la rue on commence &agrave; d&eacute;crocher. Au fur et &agrave; mesure des mois qui passent, on est de moins en moins assur&eacute; de soi. Faire cette exp&eacute;rience d'Hiver solidaire permet d&eacute;j&agrave; de se reposer et ensuite de pouvoir penser &agrave; ce que l'on va faire pour rebondir et se remettre dans la vie des normes\".\u003Cbr>\n&nbsp;\u003C\u002Fp>\u003Cdiv class=\"rtecenter\">\u003Cimg alt=\"\" src=\"\u002Fsites\u002Fdefault\u002Ffiles\u002Fradios\u002Frcfnational\u002Fphoto_eric_vadf_sfx.jpg\" style=\"width: 800px; height: 511px;\">\u003C\u002Fdiv>\u003Cp>\nAccueilli &agrave; la paroisse St Fran&ccedil;ois Xavier pendant l'hiver 2017-2018, Eric t&eacute;moigne avec force de cette aventure qui le marque &agrave; vie et au cours de laquelle il a fait l'exp&eacute;rience de \u003Cstrong>la fid&eacute;lit&eacute; de l'engagement des b&eacute;n&eacute;voles\u003C\u002Fstrong>: \"je veux remercier tous les b&eacute;n&eacute;voles qui nous ont accueillis et qui continuent &agrave; s'investir jour apr&egrave;s jour. Pour moi ces b&eacute;n&eacute;voles sont des anges incarn&eacute;s. Mon histoire: je gal&eacute;rais dans le 12&egrave;me, je dormais dans une cave sans eau, sans &eacute;lectricit&eacute;... Quand je suis arriv&eacute; &agrave; Hiver Solidaire, ce qui m'a surpris c'est de voir toutes ces personnes qui sont ensemble et qui ont toutes le m&ecirc;me but : nous aider, sans contrepartie. J'ai vu des accueillis manquer de respect aux b&eacute;n&eacute;voles parce qu'ils &eacute;taient dans un &eacute;tat d'alcol&eacute;mie ou de d&eacute;tresse psychologique et ces gens-l&agrave; n'ont jamais de rancune. Et puis ce n'est pas qu'un accueil d'urgence pendant l'hiver : d&egrave;s l'instant o&ugrave; vous rentrez dans cette association, o&ugrave; vous &ecirc;tes pris dans les filets de ces gens avec des bonnes intentions, ils vous suivent jusqu'au bout. Moi, j'ai fait une grosse b&ecirc;tise qui m'a conduit en prison. Les premiers jours de d&eacute;tention je me suis dit: ils m'ont beaucoup aid&eacute; avant et je pense que l&agrave; &ccedil;a y est c'est termin&eacute;. Mais en fait j'ai eu la bonne surprise d'&ecirc;tre soutenu au quotidien, financi&egrave;rement et ils sont venus me voir aussi au parloir, etc, donc pour moi &ccedil;a a &eacute;t&eacute; &eacute;norme. C'est gr&acirc;ce &agrave; eux si j'ai r&eacute;ussi &agrave; garder la t&ecirc;te haute et &agrave; sortir la t&ecirc;te de l'eau m&ecirc;me pendant ma d&eacute;tention. j'ai re&ccedil;u &eacute;norm&eacute;ment de lettres des b&eacute;n&eacute;voles... Donc ce n'est pas qu'un accueil pendant trois mois, pendant l'hiver, c'est vraiment tout un suivi derri&egrave;re. Et ce n'est pas qu'administratif (...) moi je les consid&egrave;re comme ma famille. Je tiens aussi &agrave; souligner, m&ecirc;me si ce n'est pas trop mon style, que le point commun que ces gens ont c'est l'Eglise donc il faut aussi remercier l'Eglise de f&eacute;d&eacute;rer tout &ccedil;a et de g&eacute;n&eacute;rer cet &eacute;lan de bont et d'amour\".&nbsp;\u003C\u002Fp>\u003Cp>Photos : Pascal Gauthier&nbsp;\u003C\u002Fp>\u003Cp>\n&nbsp;\u003C\u002Fp>\u003C\u002Fp>\n"]