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Quelle réponse au blasphème ?

Quelle réponse au blasphème ?

Un article rédigé par Père Jean Baptiste Edart -  - Modifié le 28 octobre 2020
L’assassinat odieux de Samuel Paty met à nouveau sur le devant de la scène la question du blasphème.
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La liberté d’expression va-t-elle jusqu’au droit de blasphémer ? La difficulté réside, nous semble-t-il, dans le fait que le blasphème est perçu comme tel que par le croyant. La notion de blasphème découle du fait que la foi du croyant demande à ce que Dieu où toute figure liée à la divinité d’une manière ou d’une autre soit respectée. 

La personne qui ne connaît pas cette relation à la transcendance, qui est athée ou agnostique, saisira cette notion de blasphème uniquement de l’extérieur. Il lui sera impossible de ressentir la violence que représente cet acte pour le croyant. 

Si une relation d’estime réciproque existe entre les personnes, estime résultant d’un dialogue respectueux, alors le non croyant pourra saisir la gravité du blasphème pour le croyant. Ceci n’a pas à être régulé par un article de loi interdisant ou autorisant le blasphème. Cela relève de la délicatesse de conscience de chacun. Il est évident que l’idée de blasphémer ne viendra pas à l’esprit de celui qui a des chrétiens, ou des musulmans, ou des juifs avec lesquels un échange en vérité a lieu, voir qui sont ses amis. La perception de ce que cela peut entraîner chez l’autre ôte de fait au blasphème sa raison d’être. Parler d’un droit au blasphème en ce sens est un non-sens.

En effet, la relation à Dieu est, pour le croyant, ce qui lui est le plus intime. Elle fonde son identité. Pour cette raison, la dérision publique de sa foi est pour lui source d’une blessure profonde. Paradoxalement, pour la foi chrétienne, cette blessure va révéler ce qui est au cœur de cette foi. En effet, pour le chrétien, la violence n’est jamais une réponse, car c’est l’amour du prochain jusqu’au pardon aux ennemis qui est au cœur du message de l’évangile. Dieu est venu manifester son pardon à ceux qui se comportaient comme ses ennemis. Sur la croix, il a répondu au blasphème par la prière et le pardon. Dieu n’a pas besoin qu’on le défende. Tuer en son nom ne ferait que rendre inaccessible au non croyant le visage de Dieu révélé en Jésus Christ. Tuer en raison du blasphème est un véritable sacrilège !

© RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
Carte Blanche des pères Jean-Baptiste Edart et Matthieu Lefrançois
© RCF
Découvrir cette émission
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