JavaScript is required
Accueil
Mais au fait, l’épidémie de coronavirus est-elle vraiment une "crise" ?

Mais au fait, l’épidémie de coronavirus est-elle vraiment une "crise" ?

Un article rédigé par Clotilde Dumay -  - Modifié le 29 juin 2021
L'invité de la rédactionInvité : c'est quoi une crise ?
"Crise" sanitaire, économique, sociale… C’est un terme très souvent employé. Mais, concrètement, qu'est-ce qu'une "crise" ? Réponse avec Thomas Meszaros, maître de conférences à Lyon 3.
podcast image par défaut

Alors que l’épidémie de coronavirus continue de s’étendre, le monde entier semble spontanément s’accorder pour assimiler cette période à l’une des "crises" les plus importantes de l’Histoire contemporaine. Sans vraiment avoir conscience d’employer un terme finalement lourd de sens. Pour Thomas Meszaros, maître de conférences en science politique à l’Université Lyon 3 et président-fondateur de l’Institut d’études de crise de l’intelligence stratégique et économique (IEC-IES), "la 'crise' est un terme qui s’est galvaudé au cours des années".

 

Des crises en cascade provoquées par la pandémie

"Progressivement, le mot 'crise' est devenu synonyme d’incertitude et de confusion, relève Thomas Meszaros. Mais étymologiquement, ce terme signifie 'séparer, crier et décider'." Et de préciser : "Une crise renvoie à une situation que l’on pourrait qualifier de rupture de l’équilibre, avec des choix qui s’imposent."
D’après Thomas Meszaros, cette pandémie a d’ailleurs engendré plusieurs crises successives : "Une crise sanitaire, à cause de l’incapacité du système de santé et de soins à supporter la contrainte qu’a fait peser le virus sur la population ; une sociale qui s’est illustrée avec des inégalités sociales très importantes sur le territoire ; une crise économique, qui a commencé avec les phases de confinement."
Mais ce n’est pas seulement sur ces trois axes que la crise a pu être constatée. Pour le président-fondateur de l’IEC-IES, "c’est un phénomène qui a également été vécu individuellement, avec notamment des crises d’angoisse ou des actes d’incivilités, des situations conflictuelles au sein de la société".

 

Comment l’État fait-il face à une crise ?

"L’État est préparé à prendre en charge" n’importe quel type de crise, précise le maître de conférences. "La France dispose d’une cellule interministérielle de crises", indique Thomas Meszaros. Globalement, les structures de gestion de crises "s’organisent autour de quatre axes", précise-t-il : un pôle "diagnostic", un pôle "d’anticipation", "une cellule de décision" et "un volet communication". Dans le cadre de la pandémie, le gouvernement disposait également d’un outil supplémentaire : le conseil scientifique, mis en place pour "faciliter la prise de décision", selon le président-fondateur de l’IEC-IES.  

 

Trois défauts majeurs dans la gestion de crise du gouvernement

Néanmoins, la théorie n’est pas toujours évidente à appliquer. Et en pratique, Thomas Meszaros pointe trois principaux défauts dans la gestion de crise du gouvernement français : "Une défaillance dans le mécanisme d’alerte, un manque de flexibilité et de créativité dans la gestion de crise et une communication qui n’a pas été claire et transparente, avec des injonctions contradictoires, notamment par rapport au port du masque." Des erreurs qui, selon le maître de conférences, peuvent avoir des conséquences sur les comportements sociaux.

 

Émission L'invité de la rédaction © RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
L'invité de la rédaction
Émission L'invité de la rédaction © RCF
Découvrir cette émission
Cet article vous a plu ? Partagez-le :

Votre Radio vit grâce à vos dons

Nous sommes un média associatif et professionnel.
Pour préserver la qualité de nos programmes et notre indépendance, nous comptons sur la mobilisation de tous nos auditeurs. Vous aussi participez à son financement !

Faire un don
Qui sommes-nous ?

RCF NOTRE DAME, la radio chrétienne.

RCF NOTRE DAME est née de la rencontre de deux grandes voix de la radio chrétienne en France : RCF et Radio Notre Dame.

Écoutée chaque semaine par 1 350 000 personnes, RCF NOTRE DAME propose une information rigoureuse, des débats exigeants et des programmes qui donnent du sens. Le réseau rassemble 65 radios locales et diffuse ses programmes sur 270 fréquences en France et en Belgique.

Reconnues d'intérêt général, les radios associatives du réseau RCF NOTRE DAME vivent essentiellement grâce aux dons de leurs auditeurs.