[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"$4btUnHcLHF":3},{"type":4,"alias":5,"id":6,"title":7,"meta_title":7,"og_title":7,"changed":8,"changed_time":9,"full_changed_time":10,"created":11,"visual":12,"radios":14,"category":26,"body":32},"article","\u002Farticles\u002Factualite\u002Ffaire-la-verite-sur-le-role-de-la-france-au-rwanda","29387","Faire la vérité sur le rôle de la France au Rwanda","3 avril 2018","11:19","2018-04-03T11:19:10+02:00","2 avril 2018",{"url":13,"alt":13,"url_carre":13,"alt_carre":13},"",[15],{"id":16,"name":17,"code":18,"shortname":19,"liveURL":20,"alias":21,"region":22,"channelId":25},"9","RCF","RCFNational","National","\u002F\u002Frcf.streamakaci.com\u002Frcfdigital.mp3",null,{"id":23,"name":24},"33500","France","UCNce7rDfA-1fKpO-r1Rf-Dw",{"id":27,"type":28,"name":29,"alias":30,"description":31},"1","category","Actualité","\u002Factualite","\u003Cp>\r\n\u003Cstyle type=\"text\u002Fcss\">\u003C!--td {border: 1px solid #cccccc;}br {mso-data-placement:same-cell;}-->\r\n\u003C\u002Fstyle>\r\n\u003Cstyle type=\"text\u002Fcss\">\u003C!--td {border: 1px solid #cccccc;}br {mso-data-placement:same-cell;}-->\r\n\u003C\u002Fstyle>\r\nConsultez en temps réel toute l'actualité : locale, nationale et internationale, avec la juste distance et un regard tourné vers l'espérance\u003C\u002Fp>\r\n",[33],{"id":34,"target_paragraph_type":35,"target_wysiwyg":36},"43361","wysiwyg_paragraph","\u003Cp>\u003Cstrong>En 1994, le lundi de P&acirc;ques &eacute;tait un 4 avril. \u003C\u002Fstrong>Dans le monde entier, les chr&eacute;tiens venaient de c&eacute;l&eacute;brer la bonne nouvelle de la r&eacute;surrection. Mais trois jours plus tard, l&rsquo;un des pays pourtant les plus pratiquants du monde allait sombrer dans l&rsquo;horreur. Chauff&eacute;s &agrave; blanc par une propagande haineuse et un plan d&rsquo;extermination m&ucirc;rement pr&eacute;par&eacute;, de simples paysans se muaient en assassins de celles et ceux qui, hier encore, si&eacute;geaient &agrave; leurs c&ocirc;t&eacute;s sur les bancs de l&rsquo;&eacute;glise. En quelques semaines seulement, le g&eacute;nocide des tutsis du Rwanda a fait 800&nbsp;000 victimes, dans un pays de 7 millions d&rsquo;habitants.\u003Cp>\u003Cstrong>Vingt-quatre ans plus tard, le Rwanda n&rsquo;en finit pas de panser ses plaies.\u003C\u002Fstrong> Un peu comme Isra&euml;l, le pouvoir en place &agrave; Kigali b&eacute;n&eacute;ficie d&rsquo;un soutien sans faille d&rsquo;une communaut&eacute; internationale rong&eacute;e par le remords. Hormis les associations de d&eacute;fense des droits de l&rsquo;homme, il n&rsquo;est pas grand monde pour condamner le pillage par Kigali des ressources &agrave; l&rsquo;Est du Congo, la r&eacute;pression contre les opposants, le verrouillage des &eacute;lections et de la presse, ni l&rsquo;organisation d&rsquo;un pouvoir &agrave; vie par le chef de l&rsquo;&Eacute;tat, Paul Kagame. Bien au contraire, le gouvernement rwandais, qui a certes &agrave; son actif des progr&egrave;s notoires en mati&egrave;re de sant&eacute;, d&rsquo;&eacute;ducation ou de d&eacute;veloppement &eacute;conomique, est per&ccedil;u comme un mod&egrave;le, tant par ses homologues en Afrique que par les bailleurs internationaux, qui y d&eacute;versent des centaines de millions de dollars d&rsquo;aide au d&eacute;veloppement.\u003C\u002Fp>\u003Cp>\u003Cstrong>La France n&rsquo;est pas la mieux plac&eacute;e pour tenir un discours de v&eacute;rit&eacute; sur le Rwanda. \u003C\u002Fstrong>En 1994, le gouvernement fran&ccedil;ais n&rsquo;a fait seulement preuve d&rsquo;un aveuglement coupable. Tout laisse &agrave; penser qu&rsquo;en notre nom, il s&rsquo;est rendu complice du dernier g&eacute;nocide du XXe si&egrave;cle. En droit, la complicit&eacute; implique une intentionnalit&eacute;. On ne pr&eacute;tendra pas, bien s&ucirc;r, que le pr&eacute;sident Mitterrand et ses conseillers, dont Hubert V&eacute;drine, ont eu l&rsquo;intention qu&rsquo;un g&eacute;nocide soit commis. Mais ils ont bien eu la volont&eacute; de soutenir et sauver le r&eacute;gime en place, quoi qu&rsquo;il en co&ucirc;te. L&rsquo;analyse qui domine alors chez ces conseillers est assez binaire&nbsp;: l&rsquo;Afrique francophone est un outil cl&eacute; de notre influence, il faut &agrave; tout prix l&rsquo;emp&ecirc;cher de basculer dans l&rsquo;orbite anglophone. Selon ces strat&egrave;ges, le meilleur rempart contre cette menace &ndash; qu&rsquo;incarne selon eux le FPR, stationn&eacute; en Ouganda et qui veut reconqu&eacute;rir le pouvoir au Rwanda - est le r&eacute;gime extr&eacute;miste hutu en place &agrave; Kigali. Cette grille de lecture pr&eacute;vaut non seulement avant le g&eacute;nocide, mais aussi, on le sait maintenant, une fois que le g&eacute;nocide est en train d&rsquo;&ecirc;tre commis. M&ecirc;me l&rsquo;op&eacute;ration Turquoise, que l&rsquo;on pr&eacute;senta alors comme une op&eacute;ration humanitaire de la France, avait d&rsquo;abord pour objectif de sauver le r&eacute;gime g&eacute;nocidaire. C&rsquo;est ce qui transpara&icirc;t clairement du t&eacute;moignage de Guillaume Ancel, ce militaire fran&ccedil;ais qui, apr&egrave;s s&rsquo;&ecirc;tre tu pendant vingt ans, a r&eacute;cemment tenu &agrave; faire &eacute;clater la v&eacute;rit&eacute; dans un livre[1].\u003C\u002Fp>\u003Cp>\u003Cstrong>Mais &agrave; Paris, cette v&eacute;rit&eacute; ne semble pas encore bonne &agrave; dire. \u003C\u002Fstrong>La chape de plomb demeure. Pour comprendre pr&eacute;cis&eacute;ment ce qui s&rsquo;est pass&eacute;, il n&rsquo;y a d&rsquo;autre issue que la transparence. Encourager les militaires et les fonctionnaires de l&rsquo;&eacute;poque &agrave; parler ouvertement. Lever le secret sur toutes les archives, au Rwanda comme en France. Pas seulement celles de l&rsquo;Elys&eacute;e, ouvertes en partie par Fran&ccedil;ois Hollande, mais aussi toutes celles frapp&eacute;es du secret d&eacute;fense. Et celles de Fran&ccedil;ois Mitterrand, dont l&rsquo;acc&egrave;s est aujourd&rsquo;hui soumis &agrave; l&rsquo;arbitraire d&rsquo;une mandataire priv&eacute;e[2].\u003C\u002Fp>\u003Cp>\u003Cstrong>Ce 7 avril, Emmanuel Macron comm&eacute;morera le d&eacute;but du g&eacute;nocide des tutsis pour la premi&egrave;re fois depuis qu&rsquo;il est pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. \u003C\u002Fstrong>Lui qui n&rsquo;avait que 16 ans quand le g&eacute;nocide fut perp&eacute;tr&eacute;, lui qui n&rsquo;a rien &agrave; voir avec cette histoire, a une formidable opportunit&eacute;, une formidable responsabilit&eacute; aussi&nbsp;: celle de permettre qu&rsquo;enfin, la v&eacute;rit&eacute; &eacute;clate. Aussi terrible soit-elle.\u003C\u002Fp>\u003Cp>[1] \u003Cem>La Fin du silence. T&eacute;moignage d&rsquo;un officier fran&ccedil;ais\u003C\u002Fem>. (Les Belles Lettres, 2018)\u003Cbr>\n[2] Mme Dominique Bertinotti.\u003C\u002Fp>\u003C\u002Fp>\n"]