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Dominique Potier: "Nous ne sommes pas à l’échelle du défi climatique"

Dominique Potier: "Nous ne sommes pas à l’échelle du défi climatique"

Un article rédigé par Simon Marty -  - Modifié le 14 avril 2021
L'Invité de la MatinaleDominique Potier: "Nous ne sommes pas à l’échelle du défi climatique"
Le député socialiste de Meurthe-et-Moselle revient sur son engagement écologique et sur le projet de loi "Climat et résilience" dont il fait partie de la Commission spéciale.
Simon MartySimon Marty

Éviter le double risque de "ne rien faire" et de "faire semblant de faire", c’est un chemin étroit dans lequel s’est engouffré le gouvernement avec la loi Climat. La convention citoyenne pour le climat, qui a émis des propositions la juge très en dessous de ses attentes. Face à l’urgence sociale et climatique, il faut agir, estime Dominique Potier. Il est député socialiste de Meurthe-et-Moselle, membre de la Commission spéciale sur le projet de loi "Climat et résilience".

Faire "pénétrer l'écologie au cœur du modèle français dans ce qu'il a de plus fondamental, l'école, les services publics, la justice, mais aussi le logement et l'urbanisme, la publicité et les transports". Ce sont les mots de la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili qui a vanté "un changement de société". Pourtant, selon Dominique Potier, "il y a un immense fossé entre les déclarations et le contenu de la loi". Le député socialiste, membre de la commission spéciale sur le projet de loi "Climat et résilience" attend "patiemment de le combler". "On termine ce marathon cette semaine mais nous ne sommes pas à l’échelle du défi climatique", estime-t-il, regrettant qu’une très mince part des propositions ait été retenue par le gouvernement.

"Il y a un effet com’ qui passe à côté des vrais enjeux"

Plusieurs mesures ont été médiatisées comme l’interdiction de la publicité pour les énergies fossiles, un "effet projecteur" selon Dominique Potier. "Il y a un effet com’ qui passe à côté des vrais enjeux", regrette-t-il, notamment l’enjeu de l’aérien. "On ne peut pas réformer le secteur aérien sans réfléchir à un grand plan d’investissement technologique et scientifique dans l’avion décarboné et sans réfléchir aux emplois. Il faut penser à la mutation de cette industrie. Il nous faut changer de société. Il n’y a pas de solution écologique sans solution sociale", affirme le député. 

Conjuguer justice sociale et écologique

C’est en ce sens que le député prépare une résolution autour du secteur textile, souvent délocalisé. "Il ne suffit pas de décarboner ici, il faut penser à l’échelle mondiale. Le textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde et c’est aussi le lieu du plus grand asservissement humain. Le textile aura une étiquette écologique et sociale. Il faut de la loi mais il faut également mobiliser la société", estime-t-il.

Le combat écologique que mène Dominique Potier entre en écho avec l’encyclique Laudato Si du pape François, "le livre politique du XXIè sicèle", selon lui. "La vraie révolution c’est le partage. Nous sommes dans un mouvement d’espérance, de transformation. C’est ce qui irrigue le débat politique, il faut qu’il se hisse à cette hauteur là", conclut-il.

©RCF
Cet article est basé sur un épisode de l'émission :
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