[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"$4btUnHcLHF":3},{"type":4,"alias":5,"id":6,"title":7,"meta_title":7,"og_title":7,"description":8,"meta_description":8,"og_description":8,"changed":9,"changed_time":10,"full_changed_time":11,"created":12,"visual":13,"radios":15,"episode":27,"category":50,"body":56},"article","\u002Farticles\u002Factualite\u002Fdeconfinement-la-fatalite-du-retour-a-la-normale","23578","Déconfinement : la fatalité du retour à la normale?","Le 6 mars 2020 a marqué le début du confinement, pour beaucoup un moment difficile, mais n'oublions pas ceux qui ont été enfermés dans leur misère, leur solitude, leurs addictions ...","27 juin 2021","20:07","2021-06-27T20:07:44+02:00","7 mai 2020",{"url":14,"alt":14,"url_carre":14,"alt_carre":14},"",[16],{"id":17,"name":18,"code":19,"shortname":20,"liveURL":21,"alias":22,"region":23,"channelId":26},"9","RCF","RCFNational","National","\u002F\u002Frcf.streamakaci.com\u002Frcfdigital.mp3",null,{"id":24,"name":25},"33500","France","UCNce7rDfA-1fKpO-r1Rf-Dw",{"id":28,"type":29,"title":7,"digas":30,"published":12,"datetime":31,"description":8,"url_linked_article":5,"presenters":32,"visual":34,"show":37,"duration":43,"radios":44,"audio_file":47,"rolls":48},"80407","episode","PR-20776","2020-05-07T07:55:00+02:00",[33],"Benoist de Sinety",{"alt":35,"url":36,"url_carre":14,"copyright":14},"Émission L'édito du Père Benoist de Sinety © RCF","https:\u002F\u002Fmedia.rcf.fr\u002Fsites\u002Fdefault\u002Ffiles\u002Fstyles\u002F{style_name}\u002Fpublic\u002F2023-08\u002FEditos%20%283%29%20%282%29.png.webp",{"id":38,"title":39,"alias":40,"visual":41,"description":42},"4126","L'édito du Père Benoist de Sinety ","\u002Fpoints-de-vue\u002Fledito-du-pere-benoist-de-sinety",{"url":36,"alt":35,"url_carre":14,"alt_carre":14},"\u003Cp>Le Père Benoist de Sinety est curé de la paroisse Saint-Eubert (Lille). Il est l'auteur du livre \"Il faut que des voix s’élèvent\" (éd.&nbsp;Flammarion, 2018).&nbsp;Chaque semaine, écoutez son édito dans La Matinale RCF.\u003C\u002Fp>\r\n\r\n\u003Cp>\u003Ca href=\"https:\u002F\u002Fwww.rcf.fr\u002Factualite\u002Fedito-0\">&gt;&nbsp;À partir de la rentrée 2022, tous les éditos diffusés sur l'antenne nationale de RCF sont rassemblés sur une même page\u003C\u002Fa>\u003C\u002Fp>\r\n","150000",[45],{"id":17,"name":18,"code":19,"shortname":20,"liveURL":21,"alias":22,"region":46,"channelId":26},{"id":24,"name":25},"https:\u002F\u002Fpodcast-prep.rcf.fr\u002FRCFNational\u002FRCFNational_EDITOSINETY_20200507.mp3",{"podcast_not_roll":49},false,{"id":51,"type":52,"name":53,"alias":54,"description":55},"1","category","Actualité","\u002Factualite","\u003Cp>\r\n\u003Cstyle type=\"text\u002Fcss\">\u003C!--td {border: 1px solid #cccccc;}br {mso-data-placement:same-cell;}-->\r\n\u003C\u002Fstyle>\r\n\u003Cstyle type=\"text\u002Fcss\">\u003C!--td {border: 1px solid #cccccc;}br {mso-data-placement:same-cell;}-->\r\n\u003C\u002Fstyle>\r\nConsultez en temps réel toute l'actualité : locale, nationale et internationale, avec la juste distance et un regard tourné vers l'espérance\u003C\u002Fp>\r\n",[57],{"id":58,"target_paragraph_type":59,"target_wysiwyg":60},"37552","wysiwyg_paragraph","\u003Cp>\u003Cstrong>Nous sommes le 6 mars 2020. Elle s&rsquo;appelle Huguette, elle a 87 ans,\u003C\u002Fstrong> atteinte depuis plusieurs ann&eacute;es de la maladie d&rsquo;Alzheimer. Elle est en EHPAD depuis deux ans, pas malheureuse&nbsp;: quand ses enfants et petits-enfants venaient la voir autrefois, il lui arrivait m&ecirc;me d&rsquo;&ecirc;tre pr&eacute;sente, de sourire, et puis elle repartait myst&eacute;rieusement vers des rivages inabordables &hellip;\u003Cstrong> Il s&rsquo;appelle Isaac\u003C\u002Fstrong>, il a 13 ans, enfant des rues de Kinshasa, et il se drogue depuis si longtemps qu&rsquo;il ne s&rsquo;en souvient plus. Il sourit devant la cam&eacute;ra, la clope au bec, faisant l&rsquo;homme mais sans parvenir &agrave; effacer vraiment le souvenir de l&rsquo;enfant. Il vit en volant et sans doute aussi parfois en se prostituant, coll&eacute; &agrave; des jeunes de son &acirc;ge qui affichent la m&ecirc;me fausse assurance.\u003Cstrong> Elle s&rsquo;appelle Jeanne\u003C\u002Fstrong>, elle a 45 ans et chaque matin s&rsquo;engage &agrave; l&rsquo;aube dans un parcours du combattant qui la conduit d&rsquo;improbables RER en m&eacute;tros bond&eacute;s pour embaucher comme femme de m&eacute;nage &agrave; plus d&rsquo;une heure trente de trajet de chez elle. Elle esp&egrave;re rentrer le soir au m&ecirc;me moment que ses enfants de l&rsquo;&eacute;cole pour les faire d&icirc;ner et en profiter un peu aussi.\u003Cstrong> Il s&rsquo;appelle Meiko\u003C\u002Fstrong>, transsexuel exil&eacute; dans nos bois, livr&eacute; aux fantasmes de quelques-uns de nos contemporains. Il est venu de Birmanie il y a vingt ans et se r&eacute;jouit d&rsquo;avoir enfin trouv&eacute; une chambre &agrave; louer &agrave; un prix accessible&nbsp;: 600 euros par mois avec les toilettes sur le palier. La douche&nbsp;? son propri&eacute;taire lui a assur&eacute; qu&rsquo;il l&rsquo;aurait bient&ocirc;t. En attendant il paye cash parce que c&rsquo;est plus simple.\u003Cp>\u003Cstrong>Je pourrais vous parler aussi de ces jeunes sur le point de lancer leur entreprise&nbsp;:\u003C\u002Fstrong> un travail de plusieurs mois, de cr&eacute;ations, de r&ecirc;ves, d&rsquo;ambition. Ou bien de ces migrants auxquels personne ne souhaite vraiment donner un nom pour &eacute;viter de regarder leurs visages et risquer de se rendre compte que loin d&rsquo;&ecirc;tre une masse informe, ils sont comme nous de chair et sang m&ecirc;me si nous les parquons au fin fond des &icirc;les grecques trop loin pour nos grands reporters et nos bonnes consciences. Pour Huguette, Isaac, Jeanne et Meiko, pour ces jeunes cr&eacute;ateurs et ces r&eacute;fugi&eacute;s, et pour des centaines de millions d&rsquo;autres, pour nous, pour moi, pour vous, il y a eu, depuis ce 6 mars,\u003Cstrong> un grand basculement. \u003C\u002Fstrong>Nos vies ont &eacute;t&eacute; confin&eacute;es. Les leurs ont &eacute;t&eacute; bloqu&eacute;es.\u003C\u002Fp>\u003Cp>\u003Cstrong>Voil&agrave; Huguette condamn&eacute;e &agrave; &ecirc;tre seule,\u003C\u002Fstrong> dramatiquement seule, sans visite car il faut la prot&eacute;ger. Mais la prot&eacute;ger de quoi&nbsp;? des derniers instants d&rsquo;affection qu&rsquo;elle pourrait go&ucirc;ter un peu. Voil&agrave; Isaac destin&eacute; &agrave; disparaitre dans les vapeurs de ses drogues, faute d&rsquo;&ecirc;tre recueilli car lorsque les rues soudain se vident, alors seuls demeurent ceux que l&rsquo;on ne veut pas reconnaitre. On les pourchasse, on les efface. Voici Jeanne qui n&rsquo;arr&ecirc;te pas, elle de prendre ce satan&eacute; RER et ce m&eacute;tro d&eacute;sormais vides mais hant&eacute;s par l&rsquo;invisible risque. Afin d&rsquo;aller garantir &agrave; ceux qui ne sortent pas de chez eux, l&rsquo;hygi&egrave;ne suffisante pour qu&rsquo;ils se risquent &agrave; aller faire des courses et remplir leurs frigos. Voici Meiko qui s&rsquo;est fait expuls&eacute; puisqu&rsquo;il ne peut plus payer sa chambre, n&rsquo;ayant plus de client. Et qui subit \u003Cstrong>la honte \u003C\u002Fstrong>de dormir dehors et la peur de s&rsquo;y faire agresser. Et puis il y a ces jeunes qui continuent de tout faire pour que leur projet aboutisse et ces cars de migrants attendus en Europe et que des &eacute;nergum&egrave;nes bloqu&egrave;rent avant-hier sur les routes de Gr&egrave;ce les obligeant &agrave; faire demi-tour car &laquo;&nbsp;on ne veut pas d&rsquo;eux ici&nbsp;&raquo;.\u003C\u002Fp>\u003Cp>\u003Cstrong>Je ne sais pas comment le monde tournera lorsque le fameux d&eacute;confinement entrera en vigueur&nbsp;:\u003C\u002Fstrong> zone rouge, zone verte, avoir des masques ou ne pas pouvoir s&rsquo;en acheter, rouler pour les plus riches en v&eacute;lo ou se presser pour les plus pauvres dans les rames de m&eacute;tro&hellip; Mais ce dont je suis certain c&rsquo;est que si nous nous empressons de retrouver une vie &laquo;&nbsp;normale&nbsp;&raquo; alors la solitude d&rsquo;Huguette, la mort d&rsquo;Isaac, les risques pris par Jeanne et les humiliations de Meiko, l&rsquo;acharnement de ces jeunes et la d&eacute;tresse de ces migrants, tout cela n&rsquo;aura servi &agrave; rien. A moins que nous ne refusions\u003Cstrong> la fatalit&eacute; d&rsquo;un retour &agrave; la normale\u003C\u002Fstrong> et que nous engagions notre volont&eacute; dans la construction de cette civilisation de l&rsquo;Amour &agrave; laquelle l&rsquo;Esprit nous appelle.\u003C\u002Fp>\u003C\u002Fp>\n"]