[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"$4btUnHcLHF":3},{"type":4,"alias":5,"id":6,"title":7,"meta_title":7,"og_title":7,"description":8,"meta_description":8,"og_description":8,"published":9,"published_time":10,"changed":11,"changed_time":12,"full_changed_time":13,"created":9,"visual":14,"radios":18,"category":30,"body":36},"article","\u002Farticles\u002Factualite\u002Fclementine-vidalnaquet-les-francais-ont-un-rapport-tres-personnel-a-la-grande","27902","Clémentine Vidal-Naquet: \"les Français ont un rapport très personnel à la Grande Guerre\"","Stéphanie Gallet reçoit Clémentine Vidal-Naquet, historienne et spécialiste de l'intime et du couple pendant la Première Guerre Mondiale.","9 novembre 2018","09:10","1 février 2024","16:21","2024-02-01T16:21:43+01:00",{"url":15,"alt":16,"url_carre":17,"alt_carre":17},"https:\u002F\u002Fmedia.rcf.fr\u002Fsites\u002Fdefault\u002Ffiles\u002Fstyles\u002F{style_name}\u002Fpublic\u002F2021-07\u002Fclementine_vidal_naquet_rcf_le_grand_invite_novembre-2018.jpg.webp","Fanny Cohen-Moreau \u002F RCF","",[19],{"id":20,"name":21,"code":22,"shortname":23,"liveURL":24,"alias":25,"region":26,"channelId":29},"9","RCF","RCFNational","National","\u002F\u002Frcf.streamakaci.com\u002Frcfdigital.mp3",null,{"id":27,"name":28},"33500","France","UCNce7rDfA-1fKpO-r1Rf-Dw",{"id":31,"type":32,"name":33,"alias":34,"description":35},"1","category","Actualité","\u002Factualite","\u003Cp>\r\n\u003Cstyle type=\"text\u002Fcss\">\u003C!--td {border: 1px solid #cccccc;}br {mso-data-placement:same-cell;}-->\r\n\u003C\u002Fstyle>\r\n\u003Cstyle type=\"text\u002Fcss\">\u003C!--td {border: 1px solid #cccccc;}br {mso-data-placement:same-cell;}-->\r\n\u003C\u002Fstyle>\r\nConsultez en temps réel toute l'actualité : locale, nationale et internationale, avec la juste distance et un regard tourné vers l'espérance\u003C\u002Fp>\r\n",[37],{"id":38,"target_paragraph_type":39,"target_wysiwyg":40},"41876","wysiwyg_paragraph","\u003Cp>\u003Cstrong>Depuis une semaine, la France comm&eacute;more la fin de la Premi&egrave;re Guerre Mondiale. \u003C\u002Fstrong>Et pour la troisi&egrave;me &eacute;dition, la grande collecte nationale des archives familiales a &eacute;t&eacute; relanc&eacute;e lundi dernier. Elle a pour but d&rsquo;inciter les familles &agrave; ressortir leurs documents ayant trait &agrave; la Grande Guerre. \"\u003Cem>Les souvenirs sont tr&egrave;s nombreux. Les deux premi&egrave;res collectes ont eu un tr&egrave;s grand succ&egrave;s. 20.000 personnes sont venues d&eacute;poser des objets, des documents, en masse. Tout cela &eacute;tait d&rsquo;une tr&egrave;s grande richesse. Il est difficile de savoir les profondes motivations des familles. Moi je crois que tous ces objets sont des reliques, des objets de deuil, qui sont devenus des objets de filiation. Le centenaire donne l&rsquo;occasion &agrave; ces familles de rendre publiques ces histoires individuelles\u003C\u002Fem>\" explique&nbsp;Cl&eacute;mentine Vidal-Naquet, historienne de la Grande Guerre, sp&eacute;cialiste du couple et de l&rsquo;intime pour 14-18.\u003Cbr>\n&nbsp;\u003Ch2>Pendant la guerre, la lettre est gage de vie\u003C\u002Fh2>\u003Cp>\u003Cstrong>\"\u003C\u002Fstrong>\u003Cem>\u003Cstrong>Chaque histoire rec&egrave;le des surprises inattendues, plus ou moins touchantes, plus ou moins bouleversantes, plus ou moins en d&eacute;calage avec ce que l&rsquo;on sait. \u003C\u002Fstrong>Par exemple l&rsquo;histoire d&rsquo;un enfant qui &eacute;crit &agrave; son p&egrave;re alors qu&rsquo;il ne sait pas &eacute;crire lui-m&ecirc;me. C&rsquo;est sa m&egrave;re qui tient la plume et l&rsquo;on voit une &eacute;criture h&eacute;sitante, qui devient propre, qui s&rsquo;affine au fur et &agrave; mesure des ann&eacute;es. Ou encore la correspondance de deux veuves dont les maris sont morts le m&ecirc;me jour au cours du m&ecirc;me combat. L&rsquo;une sait que son mari est mort sur le coup. L&rsquo;autre sait que son mari est mort apr&egrave;s avoir agonis&eacute; de tr&egrave;s longues heures. Ce qu&rsquo;on y lit est tr&egrave;s rare&nbsp;: l&rsquo;extr&ecirc;me souffrance lui fait avoir de mauvais sentiments\u003C\u002Fem>\" ajoute-t-elle.\u003C\u002Fp>\u003Cp>\u003Cstrong>L&rsquo;historienne pr&eacute;cise que \"\u003C\u002Fstrong>\u003Cem>\u003Cstrong>la grande particularit&eacute; de la Grande Guerre c&rsquo;est que la mobilisation de masse mobilise des hommes et des femmes qui savent tous &eacute;crire. \u003C\u002Fstrong>M&ecirc;me si elle a tr&egrave;s peu l&rsquo;occasion d&rsquo;&eacute;crire, cette g&eacute;n&eacute;ration prend la plume. C&rsquo;est toute la difficult&eacute;. On la d&eacute;couvre. Les femmes &eacute;crivent. Les hommes &eacute;crivent aussi massivement. La lettre est gage de vie. M&ecirc;me lorsque les cartes sont tr&egrave;s courtes, on envoie massivement des cartes. L&rsquo;&eacute;criture est presque quotidienne. Par jour, dans l&rsquo;arm&eacute;e fran&ccedil;aise, six millions de lettres sont &eacute;chang&eacute;es avec l&rsquo;arri&egrave;re\u003C\u002Fem>\".\u003Cbr>\n&nbsp;\u003C\u002Fp>\u003Ch2>L'artisanat de tranch&eacute;e et l'expression du d&eacute;sir amoureux\u003C\u002Fh2>\u003Cp>\u003Cstrong>Il y a les courriers, et les objets. \u003C\u002Fstrong>Dans les tranch&eacute;es, les poilus ont d&eacute;velopp&eacute;s un v&eacute;ritable artisanat de guerre. \"\u003Cem>Il y a du mat&eacute;riel militaire, mais aussi des douilles d&rsquo;obus grav&eacute;s, des bagues fabriqu&eacute;es dans les tranch&eacute;es. De nombreux objets que l&rsquo;on envoyait avec les correspondances dans les colis &agrave; l&rsquo;arri&egrave;re et qui restent des traces de cette Grande Guerre\u003C\u002Fem>\" raconte encore l'historienne. Des objets qui sont rest&eacute;s dans le cadre familial, et qui \"\u003Cem>racontent l&rsquo;omnipr&eacute;sence de la guerre, encore aujourd&rsquo;hui, au sein des familles\u003C\u002Fem>\".\u003C\u002Fp>\u003Cp>\u003Cstrong>Sp&eacute;cialiste de l&rsquo;intime et du couple pendant la Grande Guerre, Cl&eacute;mentine Vidal-Naquet fait remarquer qu&rsquo;&agrave; travers ces correspondances, une chose nouvelle &eacute;merge&nbsp;:\u003C\u002Fstrong>&nbsp;\"\u003Cem>l&rsquo;expression &eacute;crite du sentiment amoureux, et du d&eacute;sir sexuel, chose absolument nouvelle. C&rsquo;est la premi&egrave;re fois que l&rsquo;on &eacute;crit aussi massivement son d&eacute;sir, parfois avec beaucoup de pudeur. Et la censure se pr&eacute;occupe assez peu de ces histoires amoureuses. La Premi&egrave;re Guerre Mondiale annonce ce que va devenir le couple moderne en France\u003C\u002Fem>\" conclut-elle.\u003C\u002Fp>\u003C\u002Fp>\n"]