[{"data":1,"prerenderedAt":-1},["ShallowReactive",2],{"$4btUnHcLHF":3},{"type":4,"alias":5,"id":6,"title":7,"meta_title":7,"og_title":7,"description":8,"meta_description":8,"og_description":8,"changed":9,"changed_time":10,"full_changed_time":11,"created":12,"visual":13,"radios":17,"category":28,"body":34},"article","\u002Farticles\u002Factualite\u002F25-ans-apres-le-genocide-le-dernier-tutsi-temoigne","26721","25 ans aprés le génocide, le dernier Tutsi temoigne","​Charles Habonimana avait à peine douze ans quand le génocide des Tutsis a éclaté au Rwanda. Dans son village, il a vu ce qu’aucun enfant ne devrait jamais voir.","17 août 2019","08:13","2019-08-17T08:13:03+02:00","4 avril 2019",{"url":14,"alt":15,"url_carre":16,"alt_carre":16},"https:\u002F\u002Fmedia.rcf.fr\u002Fsites\u002Fdefault\u002Ffiles\u002Fstyles\u002F{style_name}\u002Fpublic\u002F2021-07\u002Fcharles_habonimana_rcf_792x366_avril-2019.jpg.webp","RCF","",[18],{"id":19,"name":15,"code":20,"shortname":21,"liveURL":22,"alias":23,"region":24,"channelId":27},"9","RCFNational","National","\u002F\u002Frcf.streamakaci.com\u002Frcfdigital.mp3",null,{"id":25,"name":26},"33500","France","UCNce7rDfA-1fKpO-r1Rf-Dw",{"id":29,"type":30,"name":31,"alias":32,"description":33},"1","category","Actualité","\u002Factualite","\u003Cp>\r\n\u003Cstyle type=\"text\u002Fcss\">\u003C!--td {border: 1px solid #cccccc;}br {mso-data-placement:same-cell;}-->\r\n\u003C\u002Fstyle>\r\n\u003Cstyle type=\"text\u002Fcss\">\u003C!--td {border: 1px solid #cccccc;}br {mso-data-placement:same-cell;}-->\r\n\u003C\u002Fstyle>\r\nConsultez en temps réel toute l'actualité : locale, nationale et internationale, avec la juste distance et un regard tourné vers l'espérance\u003C\u002Fp>\r\n",[35],{"id":36,"target_paragraph_type":37,"target_wysiwyg":38},"40695","wysiwyg_paragraph","\u003Ch2>\"J'ai demand&eacute; &agrave; ce qu'on me tue &agrave; coup de machette\"\u003Cp>\u003Cstrong>\"\u003Cem>C&rsquo;est la pire chose que j&rsquo;ai jamais vue, ni r&ecirc;v&eacute;e\u003C\u002Fem>\" explique celui qui a &eacute;t&eacute; choisi pour &ecirc;tre le dernier Tutsi. \u003C\u002Fstrong>\"\u003Cem>Sur nos collines, le 24 avril 1994, cela faisait d&eacute;j&agrave; une dizaine de jours que le g&eacute;nocide avait &eacute;t&eacute; d&eacute;clench&eacute;. J&rsquo;&eacute;tais avec les dix membres de ma famille&nbsp;: mon p&egrave;re, ma m&egrave;re, et huit enfants. Ils nous ont trouv&eacute;s, et ils ont d&eacute;cid&eacute; de tuer tout le monde. Arriv&eacute; sur la colline o&ugrave; ils nous amenaient, ils ont tu&eacute; mon p&egrave;re devant mes yeux, mon oncle, et moi, j&rsquo;ai demand&eacute; qu&rsquo;on me tue &agrave; coup de machette au lieu du marteau &agrave; bois. Ce sont eux qui ont d&eacute;cid&eacute; de me laisser, et de me r&eacute;server quand tous les Tutsis auraient &eacute;t&eacute; extermin&eacute;s\u003C\u002Fem>\" explique-t-il.\u003C\u002Fp>\u003Cp>\u003Cstrong>Charles Habonimana est persuad&eacute; qu&rsquo;il est encore en vie aujourd&rsquo;hui gr&acirc;ce &agrave; Dieu. \u003C\u002Fstrong>\"\u003Cem>Je suis un croyant depuis toujours. J&rsquo;ai surv&eacute;cu jusqu&rsquo;&agrave; ce que l&rsquo;arm&eacute;e du FPR arrive fin juin. Ils m&rsquo;ont sauv&eacute;, mais j&rsquo;ai fui comme les autres\u003C\u002Fem>\" ajoute-t-il. Aujourd&rsquo;hui encore, il n&rsquo;a rien oubli&eacute; de ce qui s&rsquo;est pass&eacute;. \u003Cstrong>\"\u003C\u002Fstrong>\u003Cem>\u003Cstrong>Le cerveau d&rsquo;un enfant de 12 ans ne peut pas effacer ce qui se passe, surtout de grands &eacute;v&eacute;nements comme &ccedil;a.\u003C\u002Fstrong> Ce qui m&rsquo;&eacute;tonne encore, c&rsquo;est comment les gens se sont transform&eacute;s en diables. C&rsquo;&eacute;tait des amis\u003C\u002Fem>\" pr&eacute;cise-t-il.\u003Cbr>\n&nbsp;\u003C\u002Fp>\u003Ch2>\"Il y a des responsabilit&eacute;s politiques\"\u003C\u002Fh2>\u003Cp>Dans son ouvrage, \"Moi, le dernier Tutsi\" (&eacute;d. Plon), Charles Habonimana explique que les enfants ont &agrave; la fois &eacute;t&eacute; les principales victimes du g&eacute;nocide, mais &eacute;galement les plus nombreux &agrave; s&rsquo;en sortir. \u003Cstrong>\"\u003C\u002Fstrong>\u003Cem>\u003Cstrong>Plus de 60% de la population rwandaise a moins de 30 ans.\u003C\u002Fstrong> Les enfants sont nombreux. Ils avaient &eacute;t&eacute; cibl&eacute;s dans ce g&eacute;nocide. Mais puisqu&rsquo;ils sont petits, ils ont aussi pu &eacute;chapper n&rsquo;importe comment. Ils se sont cach&eacute;s dans des milieux impossibles. Cela nous a permis de survivre\u003C\u002Fem>\" explique-t-il.\u003C\u002Fp>\u003Cp>Sur son exp&eacute;rience, et aujourd&rsquo;hui sur son t&eacute;moignage, Charles Habonimana estime qu&rsquo;il faut assumer. \"\u003Cem>Il y a des responsabilit&eacute;s collectives, des responsabilit&eacute;s politiques. Il y a eu du laisser-faire. Quarante ans apr&egrave;s, le monde dit \"plus jamais\". Mais le \"plus jamais\" n&rsquo;existe pas. Quand je vois la France, son silence absolu dans cette histoire, j&rsquo;appelle le peuple &agrave; parler. \u003Cstrong>Il y a eu un g&eacute;nocide de plus d&rsquo;un million de morts, avec une complicit&eacute; fran&ccedil;aise. Nous devons assumer les responsabilit&eacute;s\u003C\u002Fstrong>\u003C\u002Fem>\u003Cstrong>\" lance-t-il.\u003C\u002Fstrong>\u003Cbr>\n&nbsp;\u003C\u002Fp>\u003Ch2>\"C'est horrible, mais c'est mon histoire\"\u003C\u002Fh2>\u003Cp>Ecrire ce livre n&rsquo;a &eacute;videmment pas &eacute;t&eacute; chose facile, mais cela a renforc&eacute; son auteur. \u003Cstrong>\"\u003C\u002Fstrong>\u003Cem>\u003Cstrong>Quand je t&eacute;moignais avant, je ne mettais pas de d&eacute;tails. \u003C\u002Fstrong>Il y a des choses sur lesquelles je passais. Je ne voulais pas les voir dans mes yeux. L&rsquo;&eacute;criture de ce livre m&rsquo;a renforc&eacute;. J&rsquo;&eacute;voque des choses impossibles &agrave; dire. Certaines personnes me disent qu&rsquo;ils n&rsquo;arrivent pas &agrave; passer la page 40. C&rsquo;est horrible, mais c&rsquo;est mon histoire\u003C\u002Fem>\" confie Charles Habonimana.\u003C\u002Fp>\u003Cp>Aujourd&rsquo;hui dans son village, les rescap&eacute;s vivent avec leurs bourreaux. Une chose difficile &agrave; entendre. \"\u003Cem>C&rsquo;est possible car c&rsquo;est un choix. Les gens&nbsp; sont sortis de prison, ils ont purg&eacute; leur peine. On vit ensemble, comme toujours. Mais il y a un peu d&rsquo;&eacute;cart. C&rsquo;est un choix de r&eacute;conciliation. On ne peut pas diviser un pays en deux, il faut toujours vivre ensemble, m&ecirc;me si on sent une peine. C&rsquo;est&nbsp; comme &ccedil;a.\u003Cstrong> On parle de pardon, de choix, et de tol&eacute;rance. On ne peut pas se venger\u003C\u002Fstrong>\u003C\u002Fem>\u003Cstrong>\" conclut-il.\u003C\u002Fstrong>\u003C\u002Fp>\u003C\u002Fh2>\n"]