L’écologie peut nous faire gagner en qualité de vieLe climat s’emballe. Même si la météo de ces dernières semaines n’a en France rien eu d’estival, l’anomalie de la température terrestre a atteint pour la première fois + 1,63°C sur une année glissante, ce qui signifie que, si cela se confirme, les objectifs de l’accord de Paris, qui ne datent jamais que de 2016, seraient déjà dépassés.
Et, pendant ce temps, à l’occasion de ces élections européennes, beaucoup de candidats ne parlent que d’« écologie punitive ». Comme si la punition n’était pas plutôt de subir des températures invivables, parfois de plus de 45°C, comme au Tchad, au Mexique ou en Inde : des habitants de ces pays ont témoigné de leurs difficultés dans un récent reportage du journal La Croix.
Si nous voulons construire un monde meilleur, il faudra nécessairement qu’il soit plus écologique que celui d’aujourd’hui. Ce qui ne signifie pas qu’il sera plus désagréable à vivre, bien au contraire ! Ce n’est pas s’habiller plus mal que d’opter pour des vêtements durables plutôt que pour la fast fashion. Ce n’est pas renoncer à son confort que de mieux isoler les logements pour qu’ils soient plus économes en énergie. Ce n’est pas se priver du plaisir de bien manger que de limiter sa consommation de viande et de privilégier de bons produits locaux. Et les investissements à venir pour transformer nos sociétés et les adapter aux enjeux de la transition écologique et énergétique sont tels qu’il n’y a a priori aucun risque de décroissance !
Il faut cependant que les états d’esprit évoluent. Par exemple, moi qui vis à Paris en semaine, je m’étonne toujours qu’autant de gens y prennent leur voiture alors qu’elle n’est pas seulement polluante, bruyante, dangereuse et encombrante, mais aussi manifestement tout à fait inefficace pour se déplacer dans ce type de zone urbaine dense. Beaucoup d’automobilistes parisiens, ou d’autres grandes agglomérations, pourraient se résoudre à abandonner leur petit salon ambulant et adopter le vélo ou les transports en commun : ils y gagneraient en temps de trajet et même, objectivement, en qualité de vie.